27 févr. 2012

INTERPELLATIONS CITOYENNES: Questions au Premier Ministre

INTERPELLATIONS CITOYENNES: Questions au Premier Ministre

« En politique, il faut toujours avoir un temps d'avance ». However, we are currently witnessing a lack of defiance and insistence from the opposition side of the government. Both Navin Ramgoolam and Paul Bérenger seem to be in hibernation mode and only emerge, once in a while, to talk about electoral reforms or alliances. The lengthy parliamentary holidays do not help either. The people have to wait around, while the elected members of parliament continue about their daily lives and only await the occasional, sensational news that the press bring to them regularly. There are also the lucky few who will have the privilege of expressing their views on social networking platforms.
Let us go back to the basics of politics. The Prime Minister is elected to defend the interests of the people, while the leader of the opposition is the alternative Prime Minister. The latter should aim to work for and in the interest of the people. Therefore, the leader of the opposition should be the one to criticise, dissect and bring about alternative solutions for the betterment of the country. The leader of the opposition should never be seen as an ally of the Prime Minister.
Sadly, Paul Bérenger, amidst all the talks on electoral reforms and alliance dreams, has forgotten and lost his sense of purpose. As a result, we, the people, have no choice but to do the job for him. Consequently, using social networking as a platform, we provide an alternative to the current opposition.
Under these current circumstances, the Club des Militants has become a platform where citizens have brought pertinent questions to the Prime Minister. L'alteropposition c'est le Club des Militants!
Below are some of the Questions put forward to the Prime Minister.
1. Le projet d'hôpital gériatrique: Le Premier ministre peut-il indiquer à la Nation où en est le projet de transformation de la clinique Medpoint en un hôpital gériatrique? Il est reconnu par vous-même que la Clinique Medpoint et ses équipements presque hors d'usage ont été achetés à un prix nettement exorbitant ? Mais est-ce que la transformation de la clinique en hôpital pour personnes âgées a eu lieu, indépendamment du volet de corruption alléguée dans cette affaire ?
2. Amendment to Criminal Code Act: In August 2011, the office of the Attorney General proposed an amendment to the Criminal Code Act to accommodate legal termination of pregnancies for up to 24 weeks. The death of a woman on Christmas day 2011, after she swallowed pills to terminate an unwanted pregnancy pushes the need to have such amendment in place. Can the Prime Minister confirm that the office of the Attorney General is on board with this issue and we will soon hear of a change in the Criminal Code Act?
3. Agalega et l'Inde : Le Premier Ministre peut-il indiquer à la Nation les termes d'un éventuel nouveau traité sur les relations fiscales entre Maurice et l'Inde que les îles d'Agalega n'ont pas été l'objet d'une cession à l'Inde sous quelque forme que ce soit ?
4. Tertiary Education: In the past few months, we have experienced a jolt within the University of Mauritius, with the Chancellor resigning; there have also been views expressed on scrapping undergraduate courses such as political sciences from the curriculum. Does the Prime Minister approve of such atrocities ?
5. Enfants en situation de rue : Selon plusieurs groupes de presse et l'association SAFIRE, il y aurait plus de 6700 enfants en situation de rue. Le Premier ministre peut-il confirmer ces chiffres à la Nation et indiquer quelles mesures urgentes compte prendre son Gouvernement afin de venir en aide à ces enfants et faire place à leur intégration sociale ?
- Supplementary Question: The ombudsperson for child protection has been introduced in 2004 to "promote the rights and best interests of children" and "make proposals to the Minister on legislation, policies and practices regarding services to, or the rights of, children. Will the PM state what actions and measures have been taken following reports, in-depth proposals submitted by the OCP for the welfare of our children?
- Supplementary Question: Since 2005 we have seen many cases of child delinquency and sex crimes all directly involving street children. Will the honourable PM and his government consider the idea of "educateurs de la rue" that was implemented by Minister Lauthan before 2005 and was fanatically thrown away by the new regime of 2005?
6. Le nombre de ministères et portefeuilles qu'il exerce?
Le Premier ministre peut-il indiquer à la Nation le nombre de portefeuilles ministériels qu'il exerce en titre, après le retrait du député Von Mally du ministère de Rodrigues, et dans les faits en raison de l'absence du Ministère de l'Économie et des Finances à la délégation qui s'est rendue en Inde en vue de la renégociation du traité du non-double imposition fiscale ? Le Premier ministre exerce-t-il, outre la primature, les portefeuilles de l'intérieur, de la défense, des communications extérieures et de Rodrigues ? Exerce-t-il également des compétences exclusives en matière électorale, de citoyenneté, d'état civil, de services d'information du Gouvernement, de services météorologiques, de droits de l'Homme, et d'océanographie ?
7. La gestion de la distribution d'eau : Le Premier Ministre peut-il indiquer à la Nation les mesures concrètes prises pour résoudre la gestion défaillante de la distribution d'eau à nos concitoyens alors qu'il pleut abondamment, et ce de manière régulière ?
8. La violation de la démocratie locale: Le Premier Ministre peut-il indiquer jusqu'à quand compte-t-il priver les citoyens mauriciens de la tenue des élections locales ? N'est-ce pas une violation de la démocratie en renvoyant d'année en année les élections locales ?
9. Electoral Reform: In line with the on-going debates on electoral reforms and with the recent submission of proposals from Prof Carcassonne, constitutional expert, under the PM's request and another paper consequently submitted by Dr Rama Sithanen, will he state, for the benefit of the nation at large, whether he will come forward with an electoral reform bill for open debate and vote in national assembly with the introduction of proportional representation?
10. Air Mauritius damage recovery: With the global economic crisis, rising prices of Jet Fuel and instability around Euro/dollar price volatility, most of the international airlines will suffer financial consequences, our national airline is also at high-risk in the short term having been hit already by the hedging issue, other than flight restraints over some destinations, will the PM state if a damage recovery task force meeting has been set up by the "conseil d'administration" of Air Mauritius to address the current alarming situation ? If yes what economic measures have been short-listed to solve a loss of Rs 848 M over the last 9 months period ending 31 Dec 2011? Will a restructuring of the personnel, benefits and other flight allowances be taken into account? What is the process and policy around resources promotion exercise and wages increase?
In the hope that those questions will give some inspiration to members of parliament until the much awaited “rentrée parlementaire” in March.

(http://www.facebook.com/groups/clubdesmilitants/)

11 janv. 2012

AFRICA NEWS ROOM du 11/01/12 - Maurice - Politique

AFRICA NEWS ROOM du 11/01/12 - Maurice - Politique...

AFRICA24Par AFRICA24
AFRICA NEWS ROOM du 11/01/12 - Maurice - Politique - Partie 2 par AFRICA24
Invité Parvez Dookhy
Présentation: Marie-Angèle Toure / Khadija Sfar
Chronique: Florencia Simporé

http://www.dailymotion.com/video/xnm26d_africa-news-room-du-11-01-12-maurice-politique-partie-1_news#rel-page-1

8 janv. 2012

Interview sur le rapport Carcassonne in Sunday Times du 8 janvier 2012






Questions à Parvez Dookhy

Quelles sont vos premières observations sur les propositions de réformes électorales par l’équipe du Professeur Carcassonne?

Guy Carcassonne essaie de rationaliser davantage le système parlementaire mauricien alors que nous avons eu un système d’inspiration historique, basée sur l’histoire institutionnelle de la Grande-Bretagne. C’est une bonne dose de rupture avec le système parlementaire westministerien qu’il propose. On pourrait penser qu’il s’agit d’une certaine francisation du système.

Au-delà de cet aspect, le thème central est l’introduction de la proportionnelle intégrale. Avec le scrutin proportionnel, les partis auront un pouvoir accru. Ce sont les chefs des partis qui choisiront ceux qui seraient en position d’être élus sur les listes. Ce qui poserait un problème de renouvellement des acteurs politiques. Dans notre système de scrutin dit majoritaire plurinominal à un tour, beaucoup de leaders politiques ont été battus : Seewoossagur Ramgoolam et en 1982, Paul Bérenger en 87, Aneerood Jugnauth en 95, Pravind Jugnauth en 2000. Avec la proportionnelle, les leaders, qui seront par définition en tête de liste, ne seront jamais battus. Idem pour les autres hauts dirigeants du parti. Cela posera un grand problème de renouvellement de la classe politique.



Sera-t-il facile d’éliminer le Best-Loser System, qui a quand même fait ses preuves à Maurice ?

Il va falloir beaucoup de courage. Peut-être même qu’il va falloir procéder par un système de test. Prévoir son abolition pour une élection donnée et voir comment elle fonctionne. Si à l’issue cette élection son abolition est satisfaisante, alors les parlementaires la voteront définitivement. Il est nécessaire, malgré le vœu de mauricianisme, que toutes les communautés soient représentées à l’Assemblée Nationale.

Que pensez-vous de la nouvelle formule de délimitations des circonscriptions ?

Toute la difficulté va être la création de ces 7 grandes circonscriptions. Le redécoupage fera beaucoup de débats. Le plus simple serait de regrouper les circonscriptions actuelles. Guy Carcassonne n’a fait que proposer des principes, mais leur application sera une matière très sensible. Les lobbys, les organisations cultuelles vont sans doute s’y mêler. Mais 7 grandes circonscriptions pour 70 députés, ce qui signifie qu’on aura une dizaine de députés par circonscription en moyenne. Ce sera assez complexe de répartir les sièges selon la proportionnelle entre les partis à l’issue d’une élection s’il y a moins de 10 élus dans une circonscription. Je m’explique. Il faut un seuil entre 10 et 15 % pour avoir des élus et ensuite répartir selon le pourcentage obtenu. Imaginons qu’il n’y aurait que 9 élus dans une circonscription. Le parti A obtient 20%, le parti B 25%, le parti C 35 %. Le reste (20 % restants) est éparpillé entre les petits partis non éligibles. La répartition est difficile et est un casse-tête mathématique.

Peut-on introduire la dose de proportionnelle avec un vote centré sur le parti plutôt que l’individu ?

Maintenir un système de panachage va encore compliquer les choses. Guy Carcassonne se prononce d’ailleurs clairement pour un système de liste fermé. Mais les mauriciens doivent savoir qu’avec la proportionnelle, telle que proposée, ils perdent une liberté importante : le droit qu’ils ont de voter pour des candidats. Là, ils voteront pour des partis.

D’aucuns disent craindre que cette liste bloquée et la nomination des ministres non-élus nous fait éloigner de notre système westministérien qui jusqu’ici a fonctionné dans les meilleures conditions. Partagez-vous cet avis ?

Ce qui caractérise le système westminsterien sur le plan électoral c’est l’émergence d’un gouvernement fort et le bipartisme, voire tripartisme. Au Parlement, il n’y a que deux ou trois blocs. Avec la proportionnelle, il y aura, forcément, sauf à avoir un seuil très élevé mais qui va alors vider la proportionnelle de tout son sens, plusieurs partis à l’Assemblée. Nous avons déjà à Maurice sept partis politiques à l’Assemblée. Avec la proportionnelle nous risquons d’en avoir plus. C’est la porte ouverte aux chantages. Nous risquons alors de basculer dans un régime dit d’Assemblée, comme en Italie ou en Israël où les gouvernements ne tiennent pas longtemps. C’est en raison du nombre de partis qui compose une coalition gouvernementale. Nous sommes un pays en voie de développement et nous ne pouvons pas avoir un système constitutionnel qui favorise l’instabilité gouvernementale. Quant aux ministres non élus, c’est le cas en France, qui applique une séparation des pouvoirs, un député qui devient ministre perd son mandat de député le temps qu’il est ministre. Dans le système anglais, il n’y a pas de séparation de pouvoirs mais une collaboration des pouvoirs parlementaires et exécutifs.



Va-t-on atteindre l’objectif désiré en termes de représentation de plus de femmes au Parlement ?

C’est vrai qu’avec la proportionnelle il est plus facile d’avoir la parité.



Il y aussi la question du transfuge. Est-ce réaliste de croire en ce qui a été proposé ?

Guy Carcassonne propose d’anéantir l’effet d’un transfuge en permettant au parti qui a perdu un député d’en avoir un autre qui est le meilleur non élu de sa liste. Mais dans un système parlementaire, le Gouvernement est responsable devant le parlement. Avec ce système de remplacement du député dissident, le gouvernement sera très difficilement mis en cause ou censuré par le parlement. Or, l’essence même du régime parlementaire c’est de rendre le gouvernement responsable devant le parlement et la possibilité d’être censuré par ce parlement. La motion de censure perd alors de sa substance



Beaucoup de gens sont d’avis qu’il aurait fallu bien plus une réforme de notre constitution dans son ensemble 43 ans après l’indépendance qu’au lieu de s’occuper uniquement de l’aspect électoral. Vos commentaires ?

Plus de quarante ans après notre accession à l’Indépendance, il y a peut-être lieu de raffermir notre Constitution en lui donnant davantage de consistance. Nous avons en effet hérité d’une Constitution reflétant un certain équilibre du modèle de Westminster tout en étant bien embryonnaire dans ses articulations. Un certain nombre de préalables sont nécessaires à la réalisation d’une révision constitutionnelle susceptible de susciter une grande adhésion du peuple et de ses représentants. L’équilibre institutionnel doit être préservé tout en renforçant l’acquis démocratique et le caractère de l’Etat de droit. Il est impératif de faire consacrer des avancées constitutionnelles avec une grande prudence et délicatesse. La réforme, notamment en ce qui concerne son volet électoral, doit être adoptée avant la mi-mandat du gouvernement de manière à ce qu’elle n’apparaît pas comme un changement du jeu politique à l’approche des élections, ce qui est toujours suspicieux.



Sinon quelle aurait été selon vous une proposition plus idéale dans le contexte mauricien?

Je suis en faveur du scrutin uninominal à un tour : un élu par circonscription comme en Angleterre ou en France. Actuellement, nous avons 20 circonscriptions à Maurice. On pourrait imaginer 60 ou 70 circonscriptions et avoir un élu par circonscription au lieu de trois. L'idée est de rapprocher le candidat de sa circonscription et éviter la pratique de « vote bloc » ou le panachage communautariste. Avec ce système, il serait difficile, sauf énorme basculement de l'électorat dans un camp, d'avoir des majorités écrasantes. Si tel est alors le cas, c'est que le peuple a voulu sanctionner sévèrement un régime. Il doit alors avoir de bonnes raison de le faire. Avec un scrutin uninominal (un élu par circonscription), l’électeur ne pourrait faire du panachage communautariste comme actuellement, c'est-à-dire attribuer ses trois voix à trois candidats, de partis différents, issus de sa communauté seulement. Ce serait un pas de plus dans la construction d’une véritable nation mauricienne. Toutefois, les partis politiques devraient être bien attentifs au maintien de l’équilibre ethnique dans la désignation des candidats de manière à ce qu’aucune communauté ne se trouve lésée par ce mode de scrutin.


L’une des aspects qui n’a pas été abordée c’est la question du partage de pouvoir entre le président et le Premier ministre. Cela reste délicat n’est-ce pas ?

Le partage des pouvoirs suppose un changement du mode de désignation du Président. Actuellement le Président n’est que le successeur du Gouverneur-général. Il est choisi, en toute discrétion, par le Premier ministre seul et ce choix est simplement ratifié par l’Assemblée Nationale. Il n’est pas élu et il n’y a pas d’élection (compétition entre candidats). Il faudrait qu’il y ait une vraie élection, que des personnalités puissent faire acte de candidature librement. Dans une République moderne, le Président doit être élu pour une raison tout simplement démocratique et pour lui conférer l’autorité de sa fonction. Dans notre cas, il pourrait l’être par un suffrage universel indirect, c'est-à-dire par un collège composé de députés (éventuellement de sénateurs si ces fonctions sont créées), de chefs des administrations locales (maires, présidents des districts et assemblée de Rodrigues) pour éviter un conflit de légitimité entre lui et le Premier ministre. Il faut un véritable suffrage et des candidats potentiels qui s’affrontent. Disposant d’une réelle légitimité démocratique, le Président, tout en étant garant du bon fonctionnement des institutions, pourrait avoir ce que l’on appelle des domaines réservés, notamment en matière diplomatique, comme en France.



Que pensez-vous du débat de retransmettre en direct les travaux parlementaires ?

Ce serait une bonne avancée démocratique. Mais encore faut-il que la retransmission soit impartiale par une chaîne indépendante politiquement !


6 janv. 2012

AFRICA24 TV: Des professionnels mauriciens invités à débattre sur le pays

http://www.lemauricien.com/article/africa24-tv-des-professionnels-mauriciens-invit%C3%A9s-%C3%A0-d%C3%A9battre-sur-pays

AFRICA24 TV: Des professionnels mauriciens invités à débattre sur le pays

L’émission quotidienne Africa News Room met l’île Maurice à l’honneur du lundi 9 au vendredi 13 janvier. Des professionnels mauriciens, tels que Me Parvèz Dookhy, docteur en droit, seront sur le plateau en direct tous les soirs de 22 h 30 à minuit pour des débats, accompagnés de reportages réalisés par AFRICA 24. Les Mauriciens pourront suivre l’émission sur le site internet de la chaîne africaine.
La chaîne de télévision AFRICA24 s’intéresse au pays. L’une de leurs journalistes reporter d’images était à Maurice pour réaliser une série de reportages sur des thématiques précises : l’éducation, la santé, la politique, la société et l’économie. Les reportages seront retransmis tous les soirs — du lundi 9 au vendredi 13 janvier — en direct de 22 h 30 à minuit, dans le cadre de l’émission Africa News Room et des débats suivront.
Le but de ces reportages serait de comprendre les principaux enjeux et initiatives de Maurice, et des professionnels mauriciens exposeront à l’antenne les différentes problématiques dans un domaine précis.
Le lundi 09, l’émission sera centrée sur l’éducation mauricienne, notamment le Summer School Program, lancé dans une vingtaine d’établissements durant les vacances scolaires. Il sera aussi question de son lien avec l’abolition des « private tuitions ».
Le mardi 10, il sera question de la Santé. « L’obésité, revers du développement économique. » Selon une étude, quelque 38 % des Mauriciens souffriraient d’obésité. Les débats et les reportages seront axés sur l’origine de ce phénomène à Maurice et les mesures prises par le gouvernement pour y remédier.
L’émission du mercredi 11 sera consacrée au système politique à Maurice. « Ethnicité et politique à l’Île Maurice », se référant au combat du Blok 104. C’est dans cette optique que Me Parvèz Dookhy, avocat du barreau de Paris, a été invité à débattre avec d’autres intervenants. Le Docteur en Droit de l’Université Paris - Sorbonne interviendra sur l’implication de ce système qui oblige un candidat aux élections législatives d’inscrire la communauté à laquelle il appartient sur sa fiche de participation. Il sera question de l’avenir du Blok 104, qui a refusé de s’y adhérer et qui a essuyé un revers des Law Lords du Privy Council.
Jeudi 12, l’émission traitera du « Séga et son rôle dans la société ». Le reportage sera axé sur le rôle de « rassembleur » de cette musique mauricienne. Le Festival International Kreol, qui gagne de plus en plus en notoriété, sera au cœur de l’émission.
Le vendredi 13, l’économie mauricienne sera abordée : « La diversification des secteurs : la recette de la réussite de Maurice ? » L’évolution « fulgurante » de l’économie mauricienne. Selon la chaîne africaine, « l’île est passée d’un statut de pays à bas revenus, dont l’économie reposait sur l’agriculture, à un statut de pays aux revenus intermédiaires, dont l’économie diversifiée repose sur un secteur industriel et financier en pleine croissance, et sur le tourisme. »
Africa News Room est une émission quotidienne en direct qui offre aux téléspectateurs la possibilité de faire le tour de l’actualité africaine et mondiale. L’émission se veut être interactive avec des intervenants pour des débats. Les Mauriciens pourront regarder l’émission sur le site internethttp://www.africa24tv.com.

20 déc. 2011

Critiques du rapport de Guy Carcassonne

Critiques du rapport de Guy Carcassonne

Le Mauricien du 20 décembre 2011

Une grande francisation du régime y est proposée. Le système français est rationnel alors que le système anglais est beaucoup plus historique et fondé sur des conventions relatives aux mœurs du pays. Ces mœurs anglaises ne se retrouvent pas à Maurice. Guy Carcassonne a raison mais il n’a pas voulu aller jusqu’au bout de la logique de la rationalisation de notre régime parlementaire. Par exemple, les sessions parlementaires sont fixées au bon vouloir du Premier ministre. Il est le maître absolu des travaux parlementaires. En Angleterre, le Premier Ministre n'abusera pas de cette prérogative. A Maurice, c'est de l'abus pur et simple au mépris de la démocratie. Il faudrait, à mon avis, avoir des sessions parlementaires fixées constitutionnellement et éventuellement avoir des sessions extraordinaires en cas de besoin. Guy Carcassonne ne l’a pas suggéré.

Guy Carcassonne propose le système proportionnel. Or, nous avons actuellement un scrutin majoritaire à un tour qui permet de dégager un gouvernement fort. Il serait bien dangereux d’instaurer la proportionnelle à Maurice. Il y aurait trop de partis représentés à l’Assemblée Nationale. Déjà nous avons avec le scrutin majoritaire 7 partis y sont présents sur 69 députés ! Le scrutin proportionnel conduit à un dysfonctionnement du système politique ; il favorise le multipartisme. Il rend difficile l’émergence d’une majorité stable. Notre système institutionnel est de type Westminister, c’est-à-dire un régime parlementaire. S’il y a trop de partis, par définition avec notre culture politique il y aura encore plus de chantage et de marchandage et le système évoluera vers un régime dit d’assemblée, comme en Italie. Les coalitions se font et se défont et les gouvernements tombent. Maurice n’a pas le luxe d’avoir un régime instable.

Le scrutin proportionnel suppose un scrutin de liste. Le parti a une meilleure reconnaissance. Par rapport au pourcentage de voix obtenu par le parti, il lui est attribué un certain nombre d’élus en fonction d’une liste selon l’ordre établi par le parti, en l’occurrence son chef. Ainsi, les chefs de partis auraient une trop grande main mise sur les choix de ceux qui seraient en position d’être élus sur les listes. Guy Carcassonne omet dans son analyse que les principaux partis politiques n’ont pas de fonctionnement démocratique.

Délibérément ou non, le rapport Guy Carcassonne fait l’impasse sur un certain nombre de sujets relatifs à l’organisation de la vie institutionnelle : le rôle du Président, son mode de désignation, le renforcement du pouvoir parlementaire, l’affermissement nécessaire de la démocratie mauricienne etc.

Parvèz DOOKHY

29 sept. 2011

(Ile Maurice): Dérive autoritaire du régime

POINT DE VUE D’UNE ONG INTERNATIONALE: Dérive autoritaire du régime

Le Groupement des Défenseurs Judiciaires contre la Répression (GDJR) s’inquiète de la dérive autoritaire de l’actuel régime à Maurice.
Les récentes mises en cause des responsables de l’Opposition et en particulier du Leader constitutionnel de l’Opposition sous des accusations pénales de propagation de fausses nouvelles ou de complot pour déstabiliser le Gouvernement, telles que rapportées largement dans la presse, constituent une atteinte à la démocratie et au bon fonctionnement des institutions.
Il sera rappelé que l’article 1er de la Constitution affirme le caractère démocratique de l’État mauricien. La liberté d’expression est tout autant proclamée par la Constitution en son article 12.
Le régime institutionnel correspond à un système parlementaire de type Westminster. Dans cette configuration, l’Opposition a toute sa place sur le plan constitutionnel. Elle est expressément prévue par la Loi Fondamentale sous la rubrique « Exécutif ». L’Opposition peut mettre en place un cabinet fantôme (shadow cabinet) et jouit de la possibilité constitutionnelle de renverser le Gouvernement en place par le vote d’une motion de censure (article 60 de la Constitution). La déstabilisation du Gouvernement, par des moyens démocratiques, fait partie des facultés offertes, voire des devoirs de l’Opposition. Les acteurs de l’Opposition institutionnelle doivent bénéficier d’une grande inviolabilité pour qu’ils puissent exercer leurs devoirs.
S’agissant de la nature des infractions pénales sous lesquelles certains membres de l’opposition sont présentement poursuivis, le GDJR souligne que la Constitution de Maurice, en son article 10-4, pose le principe de la légalité des infractions pénales et des peines tout comme l’article 7 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, applicable à Maurice en vertu d’un jugement du Conseil Privé intitulé D. Matadeen du 18 février 1998. La Cour européenne des droits de l’homme, dont la jurisprudence a une grande autorité morale sur les juges mauriciens et du Conseil Privé, a exigé qu’une infraction doit être clairement établie par la loi pour pouvoir être sanctionnée (CEDH, 22 novembre 1995, C.R. et S.W. c/ Royaume-Uni). Un délit ne peut être vague et flou ou encore faire l’objet d’aucune définition !
Au regard de ces textes fondamentaux et de la jurisprudence, l’infraction de déstabilisation du Gouvernement ou même celle de fabrication de faits controuvés ne peuvent valablement être caractérisées dans une société démocratique ou un État de droit.
S’agissant de l’infraction de divulgation de fausses nouvelles, il sera souligné que ce délit se distingue clairement du fait de la diffamation (defamation).
Fausse nouvelle / diffamation
Pour que l’infraction de fausse nouvelle soit constituée, il faut, d’une part, que la nouvelle soit fausse, mensongère, erronée ou inexacte et, d’autre part, qu’elle soit de nature à troubler la paix publique. L’infraction n’est caractérisée que si l’auteur a agi avec une particulière mauvaise foi. Par ailleurs, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a eu l’occasion d’affirmer que la condamnation d’un journaliste pour le simple fait d’avoir publié un fait avéré comme étant faux à l’encontre du Président du Cameroun sans aucun autre élément était une violation de l’article 19 du Pacte (sur la liberté d’expression).
Le délit de propagation de fausse nouvelle ne peut être utilisé pour faire réprimer un fait qui relèverait de la simple diffamation. La diffamation est en effet une allégation (statement) ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur et à la considération (causing injustified injury to the good reputation of another) de la personne ou du corps auquel le fait est imputé.
La fausse nouvelle se distingue dès lors de la diffamation sur un point essentiel : la première exige que le fait divulgué porte atteinte non pas à l’honneur de la personne intéressée mais à la paix publique. Elle est fait application lorsque le fait publié ne concerne pas une personne mais par exemple une politique ou pratique fausse à laquelle s’adonnerait l’autorité publique ou un groupe privé. A titre d’illustration, est caractéristique d’une propagation de fausse nouvelle le fait infondé d’affirmer qu’un groupe ethnique est en train de tuer des membres d’une autre communauté tel jour dans tel endroit. Ce fait porte effectivement atteinte à la paix publique et constitue une fausse nouvelle d’autant qu’il ne vise aucune personne, physique ou morale, nommément.
L’infraction de propagation de fausse nouvelle est d’application restrictive. Lorsqu’un homme politique X affirme qu’un autre a eu un comportement susceptible d’être une infraction pénale, il s’agit manifestement d’un fait pouvant relever seulement de la diffamation.
Transformer un fait susceptible de diffamation en un délit de propagation de fausse nouvelle pourrait constituer un abus de droit et de procédure.

Parvèz Dookhy

Président du GDJR

La requête en relèvement d’une interdiction du territoire français

L’interdiction du territoire français occupe, dans l’architecture répressive contemporaine, une place singulière. Peine complémentaire à for...