4 avr. 2012

PROPOSITIONS ALTERNATIVES: 12 séries de mesures urgentes


PROPOSITIONS ALTERNATIVES: 12 séries de mesures urgentes



L'Opposition réunie a réparti les postes institutionnels avant de s’accorder sur un programme commun. Le Gouvernement annonce un nouveau discours-programme alors qu'il a suspendu les travaux parlementaires depuis voilà 5 mois et que son dernier Budget, qui était déjà presque un programme gouvernemental, n'a pratiquement pas été mis en œuvre, à l’exception des nouvelles taxes. Il va sans dire que les mesures annoncées ne sont souvent que de la poudre aux yeux.
Or, un certain nombre de mesures urgentes sont à prendre afin que Maurice retrouve sa vocation naturelle, être un Paradis réel ou à tout le moins une République où il fait bon vivre.
Le Club des Militants en a recensé une douzaine de séries de mesures importantes. Ces mesures ne sont, bien entendu, pas exclusives, mais constituent le socle d'un renouveau et d'une nouvelle fondation pour la République. Ce sont dix séries de mesures prioritaires portant sur le thème de law and order, l'approvisionnement en eau, la fraude et corruption, la consolidation de la démocratie, l'éducation, la santé, l'environnement, la libéralisation des ondes, l'infrastructure publique, la culture et les loisirs.
Les mesures sont comme suit :
1) Protéger les Mauriciens contre l'insécurité. Création d'un véritable ministère de l'intérieur et développement d'une politique sécuritaire et pénale sur l'ensemble des territoires de la République. Renforcer les lois contre le trafic de drogue.
2) Engagement de distribution d'eau 24/24 à tous les Mauriciens, dont les habitants de ses îles rattachées, principalement Rodrigues et Agaléga. Création d'autres réservoirs et modernisation du réseau. Plan de recyclage et de stockage individuel de l'eau.
3) Lutte contre le gaspillage des fonds publics. Un organisme dirigé par un juge ou magistrat en exercice pour contrôler les dépenses de l'État, des organes publics et des collectivités. Le gaspillage à des fins manifestement personnels sera pénalisé. L'ICAC pourra être dirigée par un magistrat en exercice ou ancien juge et le directeur sera nommé par le Chef-Juge. Revaloriser nos institutions publiques et corps para-étatiques à travers des recrutements sur la base de la compétence ; et l’élimination des nominés politiques.
4) Affermissement de la démocratie. Fixation des sessions parlementaires. Le parlement ne doit plus siéger au bon vouloir du Premier ministre, à l’exception des sessions extraordinaires. Fixation du calendrier des élections municipales et villageoises sans possibilité de renvoi. Instauration de la parité politique.
5) Remise sur pied du programme de Zone d'Éducation Prioritaire pour ceux au bas de l'échelle et introduction d'un repas chaud offert par l'État dans ces zones-là. Construction d'une grande bibliothèque nationale pluridisciplinaire.
6) Réorganisation des services d'urgences (un service d'aide médicale urgente accessible à tous). Implantation de ce service sur l'ensemble de la République, au moins dans chaque district. Développement d'une médecine de qualité.
7) Plan de protection de l'environnement. Maurice et ses îles doivent rester des îles vertes. Encouragement et plan de reboisement des villes, des quartiers, création des espaces verts, les montagnes etc. Encourager la production des énergies renouvelables et lancement des projets éoliens.
8) Fin du monopole de la MBC. L'État encourage la mise sur pied des chaînes de télévision privées.
9) Modernisation du système des transports en commun. Bus en accordéon, écologique et confortable ; et horaire à fréquence régulière.
10) Lancement d'un vaste projet de construction de logements sociaux de qualité.
11) Développement de la culture et des loisirs. Réhabilitation d'urgence du Théâtre de Port-Louis et création d'autres lieux de cultures à travers les territoires de la République. Création d'une véritable grande bibliothèque nationale pluridisciplinaire pour permettre l'accès à une meilleure éducation tertiaire locale et à la recherche.
12) Redéploiement des missions diplomatiques dans le monde, et notamment dans le Golfe Persique, au Japon, en Europe du Nord pour mieux défendre l'agressivité économique et attirer les investisseurs et touristes.
Gouvernement et Opposition seraient bien inspirés de se référer à l'ensemble de ces propositions de bon sens dans le cadre de leur programme éventuel…

Shabana Raman-Caunhye, Parvèz Dookhy, Yannick Cornet, Med Doba

9 mars 2012

L’île Maurice moderne : rajeunissement de la classe politique

L’île Maurice moderne : rajeunissement de la classe politique

Citoyennes, Citoyens,

Maurice est à un tournant de son histoire politique 44 ans après son Indépendance : ses institutions demandent à évoluer dans la stabilité pour mieux appréhender le monde moderne. Il est évident que les institutions souffrent d’un déficit démocratique.

Les jeunes le ressentent fortement. Le pouvoir politique est aujourd’hui confisqué et se trouve entre les mains de quelques familles uniquement. La République est dynastique d’une part et les anciens s’y accrochent autant que possible d’autre part. Il n’est pas besoin de se référer à ce qui est communément appelé le « Remake » pour s’en convaincre. Le pouvoir n’est pas renouvelé comme il devait l’être en démocratie.

Comment alors faire de la place aux jeunes mauriciennes et mauriciens dans l’espace politique ?

Comme tous les grands pays, notre République doit pouvoir assurer la relève, donner à la jeunesse la possibilité de s’exprimer politiquement tout en permettant aux acteurs expérimentés de la politique de continuer à apporter leur contribution grâce à leur sagesse.

Dans les grands modèles démocratiques, la représentation politique a au moins une double dimension. Le Parlement est divisé en deux chambres : une chambre haute et une chambre basse, appelée souvent Assemblée Nationale.

La chambre haute, que certains appellent Sénat ou Conseil de la République, est habituellement composée de femmes et d’hommes ayant connu une haute expérience de l’État. Après un passage aux responsabilités, tout naturellement, ceux qui ont servi le pays se font élire à la chambre haute pour faire de la place aux plus jeunes dans l’autre chambre et qui pourraient apporter une contribution plus nouvelle à la gestion des affaires de la République. Le pouvoir est constamment renouvelé ainsi.

À Maurice, nous avons une représentation unique, un système dit monocaméral. Le bicaméralisme (deux chambres) permettrait faire de la place aux jeunes ou à tout le moins aux nouveaux.

Par ailleurs, le bicaméralisme permet un meilleur contrôle de l’action du gouvernement et un débat de plus haut niveau. Un projet de loi est débattu entre les deux chambres avant d’être promulgué. La Chambre Haute pourrait tempérer des changements hasardeux et donner un meilleur éclairage à l’orientation politique.

Avoir deux chambres parlementaires permettrait aussi une meilleure représentation démocratique. L’Assemblée Nationale pourrait ainsi être composée selon le mode actuel, le scrutin dit majoritaire (first past the post). La deuxième chambre pourrait être composée à la proportionnelle. Les différents courants de la vie politique seraient mieux représentés.

Bien entendu, la deuxième chambre devrait avoir des pouvoirs légèrement inférieurs à celui de l'Assemblée Nationale. En particulier, le gouvernement ne serait pas responsable devant elle et en cas de désaccord entre l’Assemblée Nationale et la deuxième chambre sur l’adoption d’un texte de loi, le Premier ministre pourrait demander à l’Assemblée d’adopter de manière définitive le texte.

Une telle réforme nous paraît judicieuse pour la nécessaire adaptation de nos institutions à la modernité.

Vive la République,

Shabana Raman-Caunhye Parvèz Dookhy


(publié in Le Mauricien du 9 mars 2012=

27 févr. 2012

INTERPELLATIONS CITOYENNES: Questions au Premier Ministre

INTERPELLATIONS CITOYENNES: Questions au Premier Ministre

« En politique, il faut toujours avoir un temps d'avance ». However, we are currently witnessing a lack of defiance and insistence from the opposition side of the government. Both Navin Ramgoolam and Paul Bérenger seem to be in hibernation mode and only emerge, once in a while, to talk about electoral reforms or alliances. The lengthy parliamentary holidays do not help either. The people have to wait around, while the elected members of parliament continue about their daily lives and only await the occasional, sensational news that the press bring to them regularly. There are also the lucky few who will have the privilege of expressing their views on social networking platforms.
Let us go back to the basics of politics. The Prime Minister is elected to defend the interests of the people, while the leader of the opposition is the alternative Prime Minister. The latter should aim to work for and in the interest of the people. Therefore, the leader of the opposition should be the one to criticise, dissect and bring about alternative solutions for the betterment of the country. The leader of the opposition should never be seen as an ally of the Prime Minister.
Sadly, Paul Bérenger, amidst all the talks on electoral reforms and alliance dreams, has forgotten and lost his sense of purpose. As a result, we, the people, have no choice but to do the job for him. Consequently, using social networking as a platform, we provide an alternative to the current opposition.
Under these current circumstances, the Club des Militants has become a platform where citizens have brought pertinent questions to the Prime Minister. L'alteropposition c'est le Club des Militants!
Below are some of the Questions put forward to the Prime Minister.
1. Le projet d'hôpital gériatrique: Le Premier ministre peut-il indiquer à la Nation où en est le projet de transformation de la clinique Medpoint en un hôpital gériatrique? Il est reconnu par vous-même que la Clinique Medpoint et ses équipements presque hors d'usage ont été achetés à un prix nettement exorbitant ? Mais est-ce que la transformation de la clinique en hôpital pour personnes âgées a eu lieu, indépendamment du volet de corruption alléguée dans cette affaire ?
2. Amendment to Criminal Code Act: In August 2011, the office of the Attorney General proposed an amendment to the Criminal Code Act to accommodate legal termination of pregnancies for up to 24 weeks. The death of a woman on Christmas day 2011, after she swallowed pills to terminate an unwanted pregnancy pushes the need to have such amendment in place. Can the Prime Minister confirm that the office of the Attorney General is on board with this issue and we will soon hear of a change in the Criminal Code Act?
3. Agalega et l'Inde : Le Premier Ministre peut-il indiquer à la Nation les termes d'un éventuel nouveau traité sur les relations fiscales entre Maurice et l'Inde que les îles d'Agalega n'ont pas été l'objet d'une cession à l'Inde sous quelque forme que ce soit ?
4. Tertiary Education: In the past few months, we have experienced a jolt within the University of Mauritius, with the Chancellor resigning; there have also been views expressed on scrapping undergraduate courses such as political sciences from the curriculum. Does the Prime Minister approve of such atrocities ?
5. Enfants en situation de rue : Selon plusieurs groupes de presse et l'association SAFIRE, il y aurait plus de 6700 enfants en situation de rue. Le Premier ministre peut-il confirmer ces chiffres à la Nation et indiquer quelles mesures urgentes compte prendre son Gouvernement afin de venir en aide à ces enfants et faire place à leur intégration sociale ?
- Supplementary Question: The ombudsperson for child protection has been introduced in 2004 to "promote the rights and best interests of children" and "make proposals to the Minister on legislation, policies and practices regarding services to, or the rights of, children. Will the PM state what actions and measures have been taken following reports, in-depth proposals submitted by the OCP for the welfare of our children?
- Supplementary Question: Since 2005 we have seen many cases of child delinquency and sex crimes all directly involving street children. Will the honourable PM and his government consider the idea of "educateurs de la rue" that was implemented by Minister Lauthan before 2005 and was fanatically thrown away by the new regime of 2005?
6. Le nombre de ministères et portefeuilles qu'il exerce?
Le Premier ministre peut-il indiquer à la Nation le nombre de portefeuilles ministériels qu'il exerce en titre, après le retrait du député Von Mally du ministère de Rodrigues, et dans les faits en raison de l'absence du Ministère de l'Économie et des Finances à la délégation qui s'est rendue en Inde en vue de la renégociation du traité du non-double imposition fiscale ? Le Premier ministre exerce-t-il, outre la primature, les portefeuilles de l'intérieur, de la défense, des communications extérieures et de Rodrigues ? Exerce-t-il également des compétences exclusives en matière électorale, de citoyenneté, d'état civil, de services d'information du Gouvernement, de services météorologiques, de droits de l'Homme, et d'océanographie ?
7. La gestion de la distribution d'eau : Le Premier Ministre peut-il indiquer à la Nation les mesures concrètes prises pour résoudre la gestion défaillante de la distribution d'eau à nos concitoyens alors qu'il pleut abondamment, et ce de manière régulière ?
8. La violation de la démocratie locale: Le Premier Ministre peut-il indiquer jusqu'à quand compte-t-il priver les citoyens mauriciens de la tenue des élections locales ? N'est-ce pas une violation de la démocratie en renvoyant d'année en année les élections locales ?
9. Electoral Reform: In line with the on-going debates on electoral reforms and with the recent submission of proposals from Prof Carcassonne, constitutional expert, under the PM's request and another paper consequently submitted by Dr Rama Sithanen, will he state, for the benefit of the nation at large, whether he will come forward with an electoral reform bill for open debate and vote in national assembly with the introduction of proportional representation?
10. Air Mauritius damage recovery: With the global economic crisis, rising prices of Jet Fuel and instability around Euro/dollar price volatility, most of the international airlines will suffer financial consequences, our national airline is also at high-risk in the short term having been hit already by the hedging issue, other than flight restraints over some destinations, will the PM state if a damage recovery task force meeting has been set up by the "conseil d'administration" of Air Mauritius to address the current alarming situation ? If yes what economic measures have been short-listed to solve a loss of Rs 848 M over the last 9 months period ending 31 Dec 2011? Will a restructuring of the personnel, benefits and other flight allowances be taken into account? What is the process and policy around resources promotion exercise and wages increase?
In the hope that those questions will give some inspiration to members of parliament until the much awaited “rentrée parlementaire” in March.

(http://www.facebook.com/groups/clubdesmilitants/)

11 janv. 2012

AFRICA NEWS ROOM du 11/01/12 - Maurice - Politique

AFRICA NEWS ROOM du 11/01/12 - Maurice - Politique...

AFRICA24Par AFRICA24
AFRICA NEWS ROOM du 11/01/12 - Maurice - Politique - Partie 2 par AFRICA24
Invité Parvez Dookhy
Présentation: Marie-Angèle Toure / Khadija Sfar
Chronique: Florencia Simporé

http://www.dailymotion.com/video/xnm26d_africa-news-room-du-11-01-12-maurice-politique-partie-1_news#rel-page-1

8 janv. 2012

Interview sur le rapport Carcassonne in Sunday Times du 8 janvier 2012






Questions à Parvez Dookhy

Quelles sont vos premières observations sur les propositions de réformes électorales par l’équipe du Professeur Carcassonne?

Guy Carcassonne essaie de rationaliser davantage le système parlementaire mauricien alors que nous avons eu un système d’inspiration historique, basée sur l’histoire institutionnelle de la Grande-Bretagne. C’est une bonne dose de rupture avec le système parlementaire westministerien qu’il propose. On pourrait penser qu’il s’agit d’une certaine francisation du système.

Au-delà de cet aspect, le thème central est l’introduction de la proportionnelle intégrale. Avec le scrutin proportionnel, les partis auront un pouvoir accru. Ce sont les chefs des partis qui choisiront ceux qui seraient en position d’être élus sur les listes. Ce qui poserait un problème de renouvellement des acteurs politiques. Dans notre système de scrutin dit majoritaire plurinominal à un tour, beaucoup de leaders politiques ont été battus : Seewoossagur Ramgoolam et en 1982, Paul Bérenger en 87, Aneerood Jugnauth en 95, Pravind Jugnauth en 2000. Avec la proportionnelle, les leaders, qui seront par définition en tête de liste, ne seront jamais battus. Idem pour les autres hauts dirigeants du parti. Cela posera un grand problème de renouvellement de la classe politique.



Sera-t-il facile d’éliminer le Best-Loser System, qui a quand même fait ses preuves à Maurice ?

Il va falloir beaucoup de courage. Peut-être même qu’il va falloir procéder par un système de test. Prévoir son abolition pour une élection donnée et voir comment elle fonctionne. Si à l’issue cette élection son abolition est satisfaisante, alors les parlementaires la voteront définitivement. Il est nécessaire, malgré le vœu de mauricianisme, que toutes les communautés soient représentées à l’Assemblée Nationale.

Que pensez-vous de la nouvelle formule de délimitations des circonscriptions ?

Toute la difficulté va être la création de ces 7 grandes circonscriptions. Le redécoupage fera beaucoup de débats. Le plus simple serait de regrouper les circonscriptions actuelles. Guy Carcassonne n’a fait que proposer des principes, mais leur application sera une matière très sensible. Les lobbys, les organisations cultuelles vont sans doute s’y mêler. Mais 7 grandes circonscriptions pour 70 députés, ce qui signifie qu’on aura une dizaine de députés par circonscription en moyenne. Ce sera assez complexe de répartir les sièges selon la proportionnelle entre les partis à l’issue d’une élection s’il y a moins de 10 élus dans une circonscription. Je m’explique. Il faut un seuil entre 10 et 15 % pour avoir des élus et ensuite répartir selon le pourcentage obtenu. Imaginons qu’il n’y aurait que 9 élus dans une circonscription. Le parti A obtient 20%, le parti B 25%, le parti C 35 %. Le reste (20 % restants) est éparpillé entre les petits partis non éligibles. La répartition est difficile et est un casse-tête mathématique.

Peut-on introduire la dose de proportionnelle avec un vote centré sur le parti plutôt que l’individu ?

Maintenir un système de panachage va encore compliquer les choses. Guy Carcassonne se prononce d’ailleurs clairement pour un système de liste fermé. Mais les mauriciens doivent savoir qu’avec la proportionnelle, telle que proposée, ils perdent une liberté importante : le droit qu’ils ont de voter pour des candidats. Là, ils voteront pour des partis.

D’aucuns disent craindre que cette liste bloquée et la nomination des ministres non-élus nous fait éloigner de notre système westministérien qui jusqu’ici a fonctionné dans les meilleures conditions. Partagez-vous cet avis ?

Ce qui caractérise le système westminsterien sur le plan électoral c’est l’émergence d’un gouvernement fort et le bipartisme, voire tripartisme. Au Parlement, il n’y a que deux ou trois blocs. Avec la proportionnelle, il y aura, forcément, sauf à avoir un seuil très élevé mais qui va alors vider la proportionnelle de tout son sens, plusieurs partis à l’Assemblée. Nous avons déjà à Maurice sept partis politiques à l’Assemblée. Avec la proportionnelle nous risquons d’en avoir plus. C’est la porte ouverte aux chantages. Nous risquons alors de basculer dans un régime dit d’Assemblée, comme en Italie ou en Israël où les gouvernements ne tiennent pas longtemps. C’est en raison du nombre de partis qui compose une coalition gouvernementale. Nous sommes un pays en voie de développement et nous ne pouvons pas avoir un système constitutionnel qui favorise l’instabilité gouvernementale. Quant aux ministres non élus, c’est le cas en France, qui applique une séparation des pouvoirs, un député qui devient ministre perd son mandat de député le temps qu’il est ministre. Dans le système anglais, il n’y a pas de séparation de pouvoirs mais une collaboration des pouvoirs parlementaires et exécutifs.



Va-t-on atteindre l’objectif désiré en termes de représentation de plus de femmes au Parlement ?

C’est vrai qu’avec la proportionnelle il est plus facile d’avoir la parité.



Il y aussi la question du transfuge. Est-ce réaliste de croire en ce qui a été proposé ?

Guy Carcassonne propose d’anéantir l’effet d’un transfuge en permettant au parti qui a perdu un député d’en avoir un autre qui est le meilleur non élu de sa liste. Mais dans un système parlementaire, le Gouvernement est responsable devant le parlement. Avec ce système de remplacement du député dissident, le gouvernement sera très difficilement mis en cause ou censuré par le parlement. Or, l’essence même du régime parlementaire c’est de rendre le gouvernement responsable devant le parlement et la possibilité d’être censuré par ce parlement. La motion de censure perd alors de sa substance



Beaucoup de gens sont d’avis qu’il aurait fallu bien plus une réforme de notre constitution dans son ensemble 43 ans après l’indépendance qu’au lieu de s’occuper uniquement de l’aspect électoral. Vos commentaires ?

Plus de quarante ans après notre accession à l’Indépendance, il y a peut-être lieu de raffermir notre Constitution en lui donnant davantage de consistance. Nous avons en effet hérité d’une Constitution reflétant un certain équilibre du modèle de Westminster tout en étant bien embryonnaire dans ses articulations. Un certain nombre de préalables sont nécessaires à la réalisation d’une révision constitutionnelle susceptible de susciter une grande adhésion du peuple et de ses représentants. L’équilibre institutionnel doit être préservé tout en renforçant l’acquis démocratique et le caractère de l’Etat de droit. Il est impératif de faire consacrer des avancées constitutionnelles avec une grande prudence et délicatesse. La réforme, notamment en ce qui concerne son volet électoral, doit être adoptée avant la mi-mandat du gouvernement de manière à ce qu’elle n’apparaît pas comme un changement du jeu politique à l’approche des élections, ce qui est toujours suspicieux.



Sinon quelle aurait été selon vous une proposition plus idéale dans le contexte mauricien?

Je suis en faveur du scrutin uninominal à un tour : un élu par circonscription comme en Angleterre ou en France. Actuellement, nous avons 20 circonscriptions à Maurice. On pourrait imaginer 60 ou 70 circonscriptions et avoir un élu par circonscription au lieu de trois. L'idée est de rapprocher le candidat de sa circonscription et éviter la pratique de « vote bloc » ou le panachage communautariste. Avec ce système, il serait difficile, sauf énorme basculement de l'électorat dans un camp, d'avoir des majorités écrasantes. Si tel est alors le cas, c'est que le peuple a voulu sanctionner sévèrement un régime. Il doit alors avoir de bonnes raison de le faire. Avec un scrutin uninominal (un élu par circonscription), l’électeur ne pourrait faire du panachage communautariste comme actuellement, c'est-à-dire attribuer ses trois voix à trois candidats, de partis différents, issus de sa communauté seulement. Ce serait un pas de plus dans la construction d’une véritable nation mauricienne. Toutefois, les partis politiques devraient être bien attentifs au maintien de l’équilibre ethnique dans la désignation des candidats de manière à ce qu’aucune communauté ne se trouve lésée par ce mode de scrutin.


L’une des aspects qui n’a pas été abordée c’est la question du partage de pouvoir entre le président et le Premier ministre. Cela reste délicat n’est-ce pas ?

Le partage des pouvoirs suppose un changement du mode de désignation du Président. Actuellement le Président n’est que le successeur du Gouverneur-général. Il est choisi, en toute discrétion, par le Premier ministre seul et ce choix est simplement ratifié par l’Assemblée Nationale. Il n’est pas élu et il n’y a pas d’élection (compétition entre candidats). Il faudrait qu’il y ait une vraie élection, que des personnalités puissent faire acte de candidature librement. Dans une République moderne, le Président doit être élu pour une raison tout simplement démocratique et pour lui conférer l’autorité de sa fonction. Dans notre cas, il pourrait l’être par un suffrage universel indirect, c'est-à-dire par un collège composé de députés (éventuellement de sénateurs si ces fonctions sont créées), de chefs des administrations locales (maires, présidents des districts et assemblée de Rodrigues) pour éviter un conflit de légitimité entre lui et le Premier ministre. Il faut un véritable suffrage et des candidats potentiels qui s’affrontent. Disposant d’une réelle légitimité démocratique, le Président, tout en étant garant du bon fonctionnement des institutions, pourrait avoir ce que l’on appelle des domaines réservés, notamment en matière diplomatique, comme en France.



Que pensez-vous du débat de retransmettre en direct les travaux parlementaires ?

Ce serait une bonne avancée démocratique. Mais encore faut-il que la retransmission soit impartiale par une chaîne indépendante politiquement !


6 janv. 2012

AFRICA24 TV: Des professionnels mauriciens invités à débattre sur le pays

http://www.lemauricien.com/article/africa24-tv-des-professionnels-mauriciens-invit%C3%A9s-%C3%A0-d%C3%A9battre-sur-pays

AFRICA24 TV: Des professionnels mauriciens invités à débattre sur le pays

L’émission quotidienne Africa News Room met l’île Maurice à l’honneur du lundi 9 au vendredi 13 janvier. Des professionnels mauriciens, tels que Me Parvèz Dookhy, docteur en droit, seront sur le plateau en direct tous les soirs de 22 h 30 à minuit pour des débats, accompagnés de reportages réalisés par AFRICA 24. Les Mauriciens pourront suivre l’émission sur le site internet de la chaîne africaine.
La chaîne de télévision AFRICA24 s’intéresse au pays. L’une de leurs journalistes reporter d’images était à Maurice pour réaliser une série de reportages sur des thématiques précises : l’éducation, la santé, la politique, la société et l’économie. Les reportages seront retransmis tous les soirs — du lundi 9 au vendredi 13 janvier — en direct de 22 h 30 à minuit, dans le cadre de l’émission Africa News Room et des débats suivront.
Le but de ces reportages serait de comprendre les principaux enjeux et initiatives de Maurice, et des professionnels mauriciens exposeront à l’antenne les différentes problématiques dans un domaine précis.
Le lundi 09, l’émission sera centrée sur l’éducation mauricienne, notamment le Summer School Program, lancé dans une vingtaine d’établissements durant les vacances scolaires. Il sera aussi question de son lien avec l’abolition des « private tuitions ».
Le mardi 10, il sera question de la Santé. « L’obésité, revers du développement économique. » Selon une étude, quelque 38 % des Mauriciens souffriraient d’obésité. Les débats et les reportages seront axés sur l’origine de ce phénomène à Maurice et les mesures prises par le gouvernement pour y remédier.
L’émission du mercredi 11 sera consacrée au système politique à Maurice. « Ethnicité et politique à l’Île Maurice », se référant au combat du Blok 104. C’est dans cette optique que Me Parvèz Dookhy, avocat du barreau de Paris, a été invité à débattre avec d’autres intervenants. Le Docteur en Droit de l’Université Paris - Sorbonne interviendra sur l’implication de ce système qui oblige un candidat aux élections législatives d’inscrire la communauté à laquelle il appartient sur sa fiche de participation. Il sera question de l’avenir du Blok 104, qui a refusé de s’y adhérer et qui a essuyé un revers des Law Lords du Privy Council.
Jeudi 12, l’émission traitera du « Séga et son rôle dans la société ». Le reportage sera axé sur le rôle de « rassembleur » de cette musique mauricienne. Le Festival International Kreol, qui gagne de plus en plus en notoriété, sera au cœur de l’émission.
Le vendredi 13, l’économie mauricienne sera abordée : « La diversification des secteurs : la recette de la réussite de Maurice ? » L’évolution « fulgurante » de l’économie mauricienne. Selon la chaîne africaine, « l’île est passée d’un statut de pays à bas revenus, dont l’économie reposait sur l’agriculture, à un statut de pays aux revenus intermédiaires, dont l’économie diversifiée repose sur un secteur industriel et financier en pleine croissance, et sur le tourisme. »
Africa News Room est une émission quotidienne en direct qui offre aux téléspectateurs la possibilité de faire le tour de l’actualité africaine et mondiale. L’émission se veut être interactive avec des intervenants pour des débats. Les Mauriciens pourront regarder l’émission sur le site internethttp://www.africa24tv.com.

La requête en relèvement d’une interdiction du territoire français

L’interdiction du territoire français occupe, dans l’architecture répressive contemporaine, une place singulière. Peine complémentaire à for...