26 févr. 2013

Procédure criminelle : la nécessaire réforme


Procédure criminelle : la nécessaire réforme

Les grandes affaires criminelles des dernières décennies ont mis en évidence les faiblesses de notre procédure pénale : la relative incompétence des services d'enquête quant à l'établissement d'un dossier à charge solide et judiciairement tenable, l'absence de la victime, ou ses représentants, dans cette même procédure et le caractère injuste des critères de remise en liberté provisoire (bail).
Ce sont des questions de fond sur lesquelles le Ralliement Citoyen pour la Patrie (RCP) a longuement débattu en interne. Notre procédure pénale a besoin de réformes pour être plus efficace, performante, juste et équitable.
Dans l'actuel système, il appartient aux services de police de conduire de manière autonome l'enquête criminelle en dépit de quelques conseils qu'ils peuvent solliciter soit du Parquet soit du Directeur des poursuites publiques (DPP). La police mène l'enquête selon ses méthodes bien à elle et transmet le dossier à charge au DPP qui le soutient ensuite devant le juge pénal. Or, souvent l'enquête comporte des lacunes ou des malfaçons ou des méthodes policières non conformes aux règles de justice. Tout le dossier s'écroule alors après plusieurs années d'enquête et une longue incarcération de l'accusé. Il ne s'agit nullement de faire injure aux services de police que d’affirmer qu'ils n'ont pas l'expertise judiciaire nécessaire. Le corps de police n'a pas en son sein de juristes expérimentés. Il y a lieu dès lors de placer la direction de l'enquête criminelle, du moins pour les affaires relevant d'une cour d'assises, sous l'autorité du DPP et ses services, eux qui ont la charge de soutenir l'accusation devant le juge le moment venu. Le DPP donnera ainsi des directives concrètes aux services de police quant aux actes d'enquête à accomplir, les questions à poser aux personnes mises en cause ou aux témoins, les analyses scientifiques à réaliser etc. Le DPP pourra contrôler la légalité des actes d'enquête et saura jauger la solidité du dossier déjà au cours du déroulement de l'enquête.
Dans le même ordre d'idées et afin d'apporter davantage d'expertise à l'enquête, il serait opportun d'associer la victime ou ses représentants à la procédure pénale. Actuellement, la victime, si elle est toujours en vie, n'est au mieux qu'un simple témoin des faits. Elle est à l'écart de toute la procédure d'enquête. Il est désormais nécessaire d'élever la victime au rang de « partie civile ». La partie civile signifie que la victime (ou ses ayants droit dans le cas d'un meurtre) serait présente, informée du déroulement de la procédure et pourrait demander aux services d'enquête d'accomplir des actes : auditions, expertise etc. Elle pourrait faire connaître ses observations lors du déroulement de l'enquête. Dans la phase de jugement, elle serait partie au procès, donc présente à travers son avocat qui pourrait interroger les témoins ou l'accusé et surtout demander devant le même juge, réparation de son préjudice. L'association de la victime à la procédure lui permettrait d'avoir un regard sur l'enquête et surtout ne pas avoir le sentiment que Justice n'ait pas été rendue en cas d'acquittement de l'accusé.
Formation de pointe
Enfin, il serait tout aussi nécessaire de rendre plus justes les critères de la détention et la remise en liberté provisoire (bail) d'une personne mise en cause. Notre système privilégie le versement d'une caution en échange de l'obtention de la remise en liberté provisoire. Une telle condition n'est pas juste dans une société moderne. Il créé une disparité en fonction des moyens économiques des accusés. Il est désormais nécessaire pour le juge de pouvoir privilégier d'autres critères, notamment les « garanties de représentation » (assurances as to subsequent appearance) d'un détenu provisoire. Les garanties de représentation à privilégier seraient des critères tenant aux situations familiales et professionnelles de l'intéressé, un domicile connu (l'insertion sociale) et les antécédents judiciaires. Une personne qui a fondé une famille ou a des enfants et un emploi stable présente de sérieuses garanties à ce qu'elle répondra aux convocations qui lui seront adressées. Nul besoin de lui imposer le versement d'une forte caution. Ainsi, l'accès à la liberté provisoire, qui est un droit fondamental, serait plus démocratiquement accessible indépendamment de la condition financière du détenu. Le juge continuera, toutefois, à apprécier la gravité des faits, les risques de réitération de l'infraction ou de subornation de témoins avant de se prononcer.
Ces propositions de réformes doivent, bien entendu, être accompagnées à la fois d'une modernisation de la force policière, notamment de l'utilisation de la technologie de pointe. À titre indicatif, les procès-verbaux (statements) sont souvent encore rédigés à la main et ne sont pas informatisés. L'ADN doit être utilisé, non seulement comme élément de confrontation, mais dans le cadre d'un fichier qui permet la recherche de l'auteur de l'infraction. L'établissement de la preuve et le témoignage doivent être simplifiés. Notre procédure est trop archaïque. Il faudrait enfin tout autant pourvoir au policier une formation de pointe.

31 déc. 2012

L’année 2012 s’achève sous l’échec de nombreuses institutions de la République


L’année 2012 s’achève sous l’échec de nombreuses institutions de la République
ARTICLE PARU DANS LEMAURICIEN.COM | 31 DÉCEMBRE, 2012 – 13:27 | PAR PARVÈZ DOOKHY

Chères Mauriciennes,
Chers Mauriciens,

L’année 2012 s’achève sous l’échec de nombreuses institutions de la République. Je pense en premier à la faillite du Parlement. L’Assemblée nationale a eu plus de congés que de séances de travail. L’affrontement politique a sombré dans les insultes et les mots d’oiseau de tous les côtés, semaine après semaine.

Les commissions électorales ont mis en évidence leur incapacité et limites. On aura noté des soupçons de fraude électorale. Il y a eu des erreurs troublantes dans le décompte des voix. Le système électoral a été blâmé par une instance internationale qui demande la réactivation du recensement communautaire.

L’instance de régulation de l’audiovisuel a eu cette folle idée d’interdire la participation du public à des débats politiques en direct sur les ondes pendant la campagne électorale. Le débat politique s’est criminalisé, les uns portant plainte contre les autres et ils se sont défilés aux Casernes Centrales.

La forte abstention aux élections locales « intermédiaires » cette fois-ci contrairement aux précédentes et retardées de deux années exprime un rejet de la classe politique traditionnelle dans son ensemble.

Certains services d’enquête ont fait preuve de l’absence d’impartialité dans la conduite des investigations sensibles tout comme d’une incompétence flagrante dans l’établissement de certains dossiers criminels soumis à la cour qui n’a pas eu d’autre choix que de prononcer des acquittements. La sécurité routière n’a pas été assurée convenablement ainsi que la sécurité publique.

Il y a eu encore, hélas, trop de morts sur les routes et trop de crimes de sang. Les services publics n’ont pas été efficaces. Beaucoup de régions de l’île Maurice ainsi que Rodrigues sont privées d’une alimentation digne en eau potable alors le pays a connu une pluviométrie abondante. Les services de santé et la mauvaise qualité de la médecine publique ne sont nullement à la hauteur de l’attente légitime du peuple.

La pollution incontrôlée due aux transports est manifestement trop élevée et porte sérieusement atteinte à la bonne santé de l’ensemble du peuple.

La fracture sociale et géographique s’est accentuée et les paramètres sociaux-économiques sont inquiétants.

Face à ces échecs, je fais le vœu que 2013 soit l’année de l’éveil citoyen et politique. Le combat politique doit être encadré et obéir à une éthique. Le Ralliement citoyen pour la patrie (RCP) a établi en ce sens une Charte de l’action politique et nous invitons l’ensemble des acteurs politiques à y adhérer. Des réformes profondes et structurelles sont nécessaires dans de nombreux secteurs. La République de Maurice doit pouvoir vivre avec son temps. Elles ne seront réalisables que si la politique retrouve sa noblesse et hauteur de vue.
Vive la République
Vive Maurice
A Propos de l’Auteur
Parvèz DOOKHY
Président du RCP

21 déc. 2012

Conférence de presse de Parvèz Dookhy, Président du RCP


Accueil  »  Le RCP présente sa Charte de l’Action Politique

Le RCP présente sa Charte de l’Action Politique

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Après plus d’une semaine après les municipales, le Ralliement Citoyen pour la Patrie a présenté son document qui a 6 points ou articles à la presse mauricienne.
Conférence de presse du RCP.
Conférence de presse du RCP.
Lors de la rencontre avec les membres de la presse mauricienne, les membres de la rirection du RCP ont fait un point sur la consolidation des bases du parti politique et de son futur ainsi qu’une analyse des récentes élections villageoises et municipales.
Les actions et les mots d’oiseaux utilisés par les politiciens en et hors parlement ont indigné les membres du Ralliement Citoyen pour la Patrie notamment la dernière PNQ du Leader de l’opposition le 18 décembre 2012.
Lors de la partie des questions réponses le RCP a repondu sur le faits que les candidats des municipales étaient rarement sur l’estrade des meetings et de leur non-participation au marathon du 9 décembre 2012 au niveau des villes.

13 déc. 2012

Une démocratie à la marge


Une démocratie à la marge

La faible affluence notée lors du vote des élections municipales est significative du découragement, de la fatigue de l'escroquerie électorale, des scandales, des palabres et des accusations mutuelles. Le mauricien, la jeunesse en particulier, n'attend plus rien des hommes politiques des partis représentés à l'Assemblée Nationale.
Ce phénomène est nouveau dans le paysage politique de Maurice.
La campagne pour les municipales a mis en exergue les limites de la capacité intellectuelle des dirigeants de ce pays. Ils n'ont pas été en mesure de faire preuve d’imagination, d'idées, de propositions pour les citadins. Ils se sont mutuellement réfugiés dans l'insulte tandis que certaines hautes personnalités ont ouvertement pratiqué ce qui s'apparente à une corruption électorale et qu'une autorité régulatrice a interdit au peuple de s'exprimer à la radio pendant la campagne en négation même de celle-ci.
Le peuple a exprimé à sa manière un discrédit clair de la classe politique, tout autant contre une opposition parlementaire en manque de dynamisme que d'un gouvernement totalement usé en s'abstenant d'aller voter.
L'abstention, d'autant que les élections étaient attendues après un retard de deux ans, démontre clairement que la démocratie mauricienne est malade et a besoin d'un fort renouvellement.
Il appartient à une nouvelle génération de femmes et d'hommes politiques d'incarner un tel changement et ce besoin de fraîcheur alors qu'ailleurs dans le monde la jeunesse fait une belle démonstration de son attachement à la liberté et la démocratie.
Un parti de valeurs, d'idées et de propositions avec une posture nouvelle, digne et noble a toute sa place sur l'échiquier politique d'autant que sur un plan global, l'opposition parlementaire n'a nullement remporté une belle victoire aux élections municipales. Certes, il y a une apparence de réussite dans la mesure où cette même opposition ne dirigeait aucune municipalité et se retrouve désormais aux responsabilités dans trois des cinq municipalités. Si toutefois on analyse les résultats au niveau national, c'est un échec de l'opposition récemment recomposée. En 2010, le principal parti d'opposition seul, a pu résister un peu dans les villes ce qui lui a permis d'avoir tout près d'une vingtaine de députés. Les résultats des scrutins municipaux ne changent pas le rapport de forces par rapport aux dernières élections législatives. Or, l'opposition parlementaire aurait dû remporter haut la main les cinq municipalités car il s'agit des élections intermédiaires toujours favorables mondialement à l'opposition et ce n'est que de cette manière qu'elle aurait pu prétendre de manière crédible à l'alternance.

12 nov. 2012

L'administration locale manquée


L'administration locale manquée


Les élections locales auront enfin lieu après plus de deux années de confiscation regrettable de la démocratie. La nouvelle loi de 2011 qui régit les administrations locales n'est toutefois nullement à la hauteur des espérances de la nouvelle génération de Mauriciens. Au Ralliement Citoyen pour la Patrie, nous estimons que les Mauriciens ont besoin d'une administration locale efficace, forte et dynamique. Ce n'est nullement ce qu'a prévu la nouvelle loi. Elle met plutôt en place une administration fragile, faible et privée d'un manque de rayonnement.
L'administration territoriale de Maurice est caractérisée par un éclatement des collectivités locales : les zones urbaines disposant d'une municipalité, les zones rurales d'un conseil de district et d'un conseil du village et la Région de Rodrigues qui constitue une administration hybride. Maurice s'est toujours inspiré du modèle britannique de disparité de l'administration locale. Ce système met en place une administration territoriale inégalitaire sur l'ensemble de la République. Aujourd'hui, ce système est confronté à une série d'évolutions qui la rend impraticable. Nous avons besoin de créer un échelon uniforme, autrement dit, de grandes villes seulement. Maurice est constitué historiquement de neuf districts et des îles habitées. Il aurait été plus opportun de transformer ces neuf districts en de pôles urbains attractifs. Chaque district serait devenu une grande ville nouvelle. L'île Rodrigues et les autres dépendances seraient, dans ce schéma, un autre pôle territorial. Notre développement économique nous impose une marche vers l'égalité territoriale et la modernisation de celle-ci. Il est inadmissible qu'un enfant d'un village n'ait pas accès à une même bibliothèque en qualité contrairement à ce qui existe dans les villes.
Les progrès rendus possibles par les nouvelles technologies et, plus généralement, les nouveaux moyens de l'action administrative, les attentes des citoyens, l'évolution de leurs besoins, de leur mode de vie, la création de nouveaux quartiers résidentiels et la présence importante de touristes impliquent une organisation plus simple, plus lisible et plus réactive de nos collectivités locales. Il est nécessaire que tout le territoire national soit érigé en statut de zone urbaine. Parallèlement à cette nouvelle organisation unitaire, l'État aurait dû transférer plus de compétences aux collectivités en leur accordant davantage d'autonomie fonctionnelle. Les villes ou les pôles urbains doivent jouer un rôle accru dans l'émergence d'un nouveau cadre de vie, la protection de l'environnement, le développement de la culture et des loisirs, la vivacité économique et commerciale ainsi que la sécurité publique.
Il était par ailleurs nécessaire, pour la cohérence et la continuité de la politique locale, que les collectivités puissent être dirigées par un chef, maire ou président, disposant d'un mandat calqué sur la durée de celui de l'élection de l'organe qu'il dirige, c'est-à-dire de cinq années. Une équipe municipale, villageoise, ou de district a besoin d'un chef qui peut conduire une équipe dans la durée et mettre en œuvre un véritable programme. La pratique de la direction tournante prive les collectivités locales d'un véritable chef de file.
L'absence des réformes de cette envergure à notre administration locale caractérise le manque de compréhension des dirigeants actuels, majorité et opposition confondues.
La nouvelle loi prévoit par ailleurs que les députés en exercice ne pourraient faire acte de candidature aux élections locales. Il ne s'agit pas en réalité du non cumul des mandats comme cela existe dans d'autres pays. Le non cumul oblige l'intéressé à choisir à exercer un seul mandant à la suite d'une double élection. Mais il ne l'empêche pas à être candidat. En cas d'élection, il doit choisir le mandant qu'il souhaite exercer. La loi sur l'administration locale pose le principe d'inéligibilité du député aux élections locales. Ce qui constitue une grave entorse à un droit constitutionnel élémentaire.
En empêchant le député d'être candidat, l'administration locale est reléguée à un niveau inférieur à la fois d'intérêt et d'expérience. Les administrations locales ont besoin de personnalités politiques fortes pour être plus efficaces.

8 oct. 2012

Les jeunes et la politique : La débâcle des sentiments


Monday, 08 October 2012 12:20

Les jeunes et la politique : La débâcle des sentiments Featured

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Les jeunes et la politique : La débâcle des sentiments
Désintérêt, dégoût, déception. Voilà des mots qui qualifient bien le sentiment des jeunes envers la politique. Bien qu’ils ne soient pas totalement dépolitisés, l’engagement des jeunes dans la politique active baisse d’année en année.
La classe politique compte, depuis août dernier, un nouveau parti, le Ralliement Citoyen pour la Patrie (RCP). Porteur d’espoir, ce parti a été bien accueilli chez la nouvelle génération, car ses dirigeants sont jeunes. En effet, depuis quelque temps, le détachement des jeunes pour la politique revient régulièrement au centre des débats. Il semblerait qu’avec son lancement, le RCP apporte ce bol d’air frais à la politique actuelle, chose qu’attendent nos jeunes depuis bien longtemps.

Lors du lancement du parti RCP, le 22 août 2012, son président, Parvez Dookhy, avait annoncé leur objectif premier : celui de mettre les jeunes en avant. « Nous n’allons pas organiser de grands rassemblements, nous allons privilégier le travail de terrain en allant à la rencontre des étudiants, des jeunes… » avait-il annoncé.

« L’idéologie du RCP c’est d’instaurer une mérito­cratie pour combattre le communautarisme et c’est princi­palement ce que veulent les jeunes d’aujour­d’hui », nous dit d’emblée le vice-président du RCP, Yannick Cornet.

Selon ce jeune homme de 30 ans, les jeunes sont blasés par l’attitude des partis politiques actuels. « Le baratin des politiciens actuels n’intéresse plus les jeunes. Il n’y a plus de débat pour l’avancement du pays. Ils ne font que se catapulter des attaques personnelles comme dans une cour de récré.

Les jeunes pensent que la politique est sale à cause des nombreuses magouilles, crimes économiques, et les alliances et cassures répétitives qui ne font que détériorer l’image de la politique. RCP veut, lui, apporter un souffle nouveau à la politique mauricienne. Nous en avons marre des clans et autres dynasties qui empêchent l’émergence des jeunes. Les politiciens actuels empêchent les jeunes de grimper. Ceux qui n’adhèrent pas à l’idéologie du parti sont vite évincés. De ce fait, il n’y a pas de nouvelles idées », nous dit-il.

Ashok Subron, observateur politique, aborde dans le même sens que le vice-président du RCP. « Sur ce que j’ai pu observer, ces derniers temps, je peux dire que les jeunes ont un certain dégoût de la politique traditionnelle, ce qui n’est pas étonnant. 
[...] 

La requête en relèvement d’une interdiction du territoire français

L’interdiction du territoire français occupe, dans l’architecture répressive contemporaine, une place singulière. Peine complémentaire à for...