28 juil. 2012

« LE CŒUR EST LA CLÉ DU COQ… »: Des militants parlent aux bérengistes !


« LE CŒUR EST LA CLÉ DU COQ… »: Des militants parlent aux bérengistes !

En politique, il vaut mieux bien finir que de bien commencer, estimait François Mitterrand. Paul Bérenger, lui, semble faire tout le cheminement à sens inverse…
Le MMM serait-il en faillite totale tant sur le plan idéologique, moral qu'intellectuel ? Lorsqu'il avait pris naissance en 69, l'une des priorités du MMM consistait à écarter le Ptr du Gouvernement. Le MMM a complètement échoué dans cette tâche. La victoire de 1982 a été acquise avec des anciens éléments du Ptr et très vite ce dernier s'est de nouveau installé au pouvoir. SSR est devenu Gouverneur Général et le Ptr au Gouvernement jusqu'en 1991. Paul Bérenger a « offert » le poste de Leader de l'Opposition à Navin Ramgoolam en 1993 et l'a fait devenir PM deux ans plus tard. Depuis 2003, Paul Bérenger n'a pour stratégie que de faire gagner le Ptr… Il a organisé des élections générales anticipées en 2005 dans des circonstances favorables au Ptr. En 2010, il aurait volontairement commis l’irréparable erreur d'être en négociation publique avec le Ptr jusqu'à la veille des élections. En tant que Leader de l'Opposition, il se comporte comme le porte-parole du Premier ministre, notamment en matière de réforme électorale et institutionnelle. Il a fini par qualifier le Premier ministre de « mon bon ami », Au final, le MMM a permis au Ptr de mieux s'implanter dans le paysage politique.
La réforme des institutions envisagée pour un partage des pouvoirs se lit ainsi : Navin Ramgoolam deviendrait Président pour sept ans avec des pouvoirs conséquents. Il présiderait le conseil des ministres lorsqu'il l’estimerait nécessaire. Il serait maître de la politique extérieure et garderait la main sur la politique intérieure. Paul Bérenger serait Premier ministre. Néanmoins, le MMM resterait un partenaire minoritaire du Ptr même si au départ la répartition des candidatures est égale. Il faut savoir que dans une telle configuration politique, les sympathisants travaillistes voteraient massivement pour une telle alliance, car Navin Ramgoolam resterait aux commandes des affaires de l'État. Il n'est pas si sûr si les partisans du MMM agiraient de la même manière car une telle alliance serait comme la « trahison du siècle ». Comme la dynamique ne serait pas du côté du MMM, quelques candidats de ce parti risqueraient, en dépit de la force arithmétique, d'être battus. Paul Bérenger ne serait que le Chef du Gouvernement otage du groupe parlementaire majoritaire. C'est pour dire qu'il pourrait à tout moment être renversé par une majorité hostile. Il serait remplacé par un Premier ministre travailliste, soutenu par une majorité de députés et qui a la confiance d'un Président travailliste.
La réforme est très dangereuse pour la démocratie. La France a réduit le mandat du président à cinq ans pour des raisons démocratiques. Le septennat a tout son sens lorsque le Président n'avait qu'un rôle d'arbitre.
Accorder à un Président du conseil des ministres un mandat de sept ans est contraire à l'esprit démocratique et peut entraîner le pays vers des crises institutionnelles dans la mesure où le président pourrait voir apparaître sous son mandat des majorités parlementaires hostiles. Maurice, dont l'économie est fragile, ne peut se permettre le luxe de connaître de telles situations de paralysie où le Président et le Premier ministre se regardent en chiens de faïence.
Le danger démocratique existe tout aussi dans les cas de concordance de majorités. Le Président – puisque c'est lui qui choisit son Premier ministre –, devient le chef réel de l'exécutif. Tout passe par lui. C'est la situation dans de nombreux pays d'Afrique.
Dans notre système actuel, le Premier ministre, s'il est puissant, est tout de même responsable devant le Parlement. Il doit à tout le moins répondre aux questions et peut être renversé par le parlement et doit rendre des comptes au Peuple au moins tous les cinq ans.
Le Président, dans la réforme envisagée, ne serait responsable devant personne… Il n'a pas à répondre aux questions. Il ne peut être renversé. Il jouit d'une irresponsabilité politique très dangereuse pour la démocratie alors même que son mandat est très long. Ces conditions ont souvent conduit à des régimes dictatoriaux en Afrique ou ailleurs. Le Président décide de tout mais n'est responsable de rien !
D'un point de vue démocratique, par rapport à la nature westminstérienne de notre système actuel, la IIe République constituerait un net recul.
Avec une alliance élargie où le slogan pourrait être « le Cœur est la Clé du Coq », le militantisme authentique serait en pleine déconfiture. Même si elle n'est pas concrétisée, les discussions auront servi à anéantir l'opposition MMM, la rendre ridicule, comme en 2010.
Voilà pourquoi nous appelons les activistes du MMM à un militantisme éthique, progressiste et patriotique. Nous conserverons de Paul Bérenger sa lutte historique.

9 juil. 2012

INDICATIONS TROUBLANTES – ABANDON DE SOUVERAINETÉ? Une commission d'enquête sur l'Affaire Agalega...


INDICATIONS TROUBLANTES – ABANDON DE SOUVERAINETÉ? Une commission d'enquête sur l'Affaire Agalega...

Les anglais ont l'habitude de qualifier ce genre de situation de prima facie case, entendons par là que des indices graves et concordantes pourraient laisser à penser que les îles d'Agalega soient d'une manière ou d'une autre un élément de renégociation du traité fiscal entre l'Inde et Maurice.
Une première note de l'ambassade américaine à Maurice transmise à Washington en décembre 2006 faisait état d'une éventuelle largesse de Maurice en ce qui concerne Agalega au profit de l'Inde, pays à l'égard duquel les autorités américaines considèrent, à tort ou à raison, que Maurice a fait purement et simplement allégeance.
Dans les faits, trois experts indiens avaient à cette époque effectué une mission dans l'archipel et leur rapport n'a pas été rendu public. Maurice, par la voix de ses hauts fonctionnaires, avait nié en bloc toute l'affaire pour rassurer les américains.
En octobre 2010, l'information a refait surface dans des quotidiens indiens et la presse a alors évoqué une cession d'Agalega à l'Inde. Si Navin Ramgoolam a dû, sous la pression de la presse et de l'opinion publique mauriciennes, démentir de telles révélations, aucun officiel indien ni le Gouvernement indien ne s'est associé à un tel démenti. Le journaliste indien qui a publié l'information a maintenu ses affirmations en dépit du démenti et n'a pas été inquiété en Inde pour propagation de fausse nouvelle. La Haute Commission mauricienne en Inde n'a pas cru nécessaire d'engager une procédure contre l'intéressé, ce qui en dit long en soi...
Parallèlement, en janvier 2011, l'association « Les Amis d'Agalega » a dénoncé la passivité du gouvernement mauricien face aux conditions de vie difficiles des Agaléens. Ces derniers estiment qu'ils sont bien victimes d'une politique d'abandon de la part de la République de Maurice. Le nombre d'agaléens vivant sur l'île a diminué pour cette raison, ce qui pourrait être perçu comme une politique délibérée pour vider l'île de ses habitants à long terme.
Le 6 juillet dernier, The Economic Times titrait que Maurice offre deux îles à l'Inde dans un effort de maintien du traité fiscal. Le Ministre des Affaires Étrangères de Maurice, en mission en Inde, a démenti du bout des lèvres. Il affirme que « Je n'ai aucun mandat pour parler d'Agalega avec les autorités indiennes. À aucun moment, le nom d'Agalega n'a été évoqué lors des échanges[...] ». A contrario, une telle déclaration sonnerait comme un aveu (a confession). Il ferait comprendre que lui, en tant que simple ministre, n'a pas de mandat, ce qui pourrait laisser à penser que la cession relèverait d'une autorité plus élevée!
Le Premier ministre de Maurice n'a pas été plus convaincant le lendemain malgré la posture adoptée. Il qualifie de faux ce qui est rapporté dans la presse indienne mais refuse d'en dire plus sous prétexte que « si un journaliste du Times of India a décidé d'écrire une fausseté et je ne sais s'il a été payé ou s'il a été encouragé à le faire, croyez-vous que comme Premier ministre je vais commenter cette fausseté ? » Le Premier ministre ne prend pas l'engagement devant la Nation mauricienne qu'Agalega ne sera jamais cédée sous quelque forme que ce soit. Il ne dit pas non plus qu'il n'y a aucun avantage stratégique ou important accordé aux indiens sur l'île d'Agalega. Il ne dit surtout pas qu'il n'y a pas d'accord, ni écrit, ni tacite sur le sujet. Le démenti n'est nullement à la hauteur de l'enjeu. Le Gouvernement central indien n'a fait, comme à son habitude, aucun démenti à ce sujet et s'est, d'une certaine façon, désolidarisé de la position officielle de Maurice. Encore une fois, la représentation de Maurice en Inde ne fait engager aucune procédure pour diffusion de fausse nouvelle ou de diffamation contre le journaliste en question.
Or, le Times of India dans son édition électronique du 7 juillet 2012 maintient qu'il y a bien eu des discussions à propos d'Agalega et que le ministre mauricien des affaires étrangères aurait indiqué qu'il n'y aurait aucune difficulté sur la question d'Agalega : “Asked again about the progress on the islands issue, he (NdlR: Arvin Boolell) said: "There are always issues where the discussions, where we have to look at all the parameters. There is no problem on the issue that you just raised." This recorded conversation makes it clear that the minister had said "there was no problem" regarding the handing over of the two islands.”
La question qui pourrait également être posée : y a-t-il un glissement vers un abandon de souveraineté de fait simplement, c'est-à-dire que Maurice accorderait des facilités géostratégiques à l'Inde sur Agalega. Au vu de ce questionnement, il faudrait que les autorités mauriciennes précisent tous les avantages consentis à l'Inde par le biais d'Agalega. Ne jouons pas sur les mots, s'il peut ne pas s'agir d'une cession en bonne et due forme, par la voie d'un Traité bilatéral, il pourrait y avoir un abandon de souveraineté dans les faits, une implantation (des navires dans les eaux, un port, des stations etc...). Ce serait alors une haute trahison de la part des dirigeants actuels de Maurice si tel est le cas. Les députés de l'Opposition en Inde seraient bien inspirés d'interroger fermement leur gouvernement à ce sujet.
Sur le plan local, il serait en définitive sain pour notre démocratie et transparence qu'une réelle commission d'enquête soit instituée pour faire la lumière sur toute cette affaire. Il s'agit non moins d'une véritable affaire d'État !

2 juil. 2012

PARLEMENT DU PEUPLE: Questions au Premier Ministre


PARLEMENT DU PEUPLE: Questions au Premier Ministre

(Club des Militants)
It is now a month since Parliament resumed and the citizen may ask himself how much efficient has been the Opposition. The Criminal Code Amendment Bill hogged the limelight for a good few weeks before being passed. It was quite shocking that most MMM MPs voted against the Bill and even more surprising that the votes were guided by religious beliefs as opposed to political ideology.
Speaking of religion, it is most interesting to hear that the Prime Minister think we are a real secular state. The citizens will just ignore the fact that the services of some very powerful 'socio-cultural' groups are not sought during elections.
Once again, Club des Militants, un rassemblement de patriotes mauriciens, brings to the Nation a series of relevant questions on real issues and concerns that ought to be addressed in Parliament and remained to be tackled.
1.    Réforme de la Prevention of Corruption Act 2002 : Le Premier ministre peut-il indiquer à la Nation si son Gouvernement compte présenter un projet de loi mettant fin à toutes les malfaçons rédactionnelles et échappatoires (loopholes) dans la Loi de 2002 sur la Prévention de la Corruption ? A titre indicatif, on peut évoquer l'article 7-2 de la Loi qui pose le principe de la présomption de culpabilité en violation de la Constitution, ce qui le rendrait inapplicable. On peut également faire état de la définition trop restrictive du terme organisme public (public body). Enfin, la liste des crimes économiques contenue dans cette Loi est trop limitée. N'y figure par exemple aucune sanction contre le délit d'initié (insider trading) !
2.    Règlements (Regulations) pour des élections municipales : Le Premier Ministre peut-il confirmer s'il a été informé par la Commission sur la durée de ces consultations ? Quand est-ce que la commission électorale compte finaliser ses préparatifs et autres règlements afin d'enclencher le mécanisme électoral ? Le chef du gouvernement peut-il indiquer s'il a privilégié une date quant à la tenue de ces élections municipales avant la fin de l'année ?
3.    Special Needs in Schools : May the Prime Minister confirm that there are adequate resources in ALL primary and secondary schools to deal with the students with Special Learning Needs? Can he, through the Minister of Education, list some of the pathways that are provided for SLN children?
4.    Equal treatment and protection from harassment for women at work : Can the Prime Minister, through the Minister of Labour, Industrial relations and employment and the Minister of Gender Equality, confirm that women enjoy equal rights and equal pay at work? Whilst there are labour standards for equality of treatment and remuneration, may there be a bill proposed in regards to harassment and inequality at work?
5.    La liste des maladies incurables à Maurice : Le Premier ministre peut-il indiquer à la Nation quelles sont les pathologies pour lesquelles les autorités de santé publique ne peuvent offrir de traitement ou d'intervention chirurgicale ? Peut-il également indiquer les mesures que compte prendre son Gouvernement afin d'offrir aux Mauriciens un éventail de prise en charge médicale le plus large possible compte tenu des données actuelles de la médecine sur le plan international ?
6.    London Olympics 2012 : Can the Prime Minister confirm the number of sportsmen/women attending the London Olympics 2012 and whether appropriate facilities have been laid out for them?
7.    La répartition géographique de nos missions diplomatiques : Le Premier ministre peut-il indiquer à la Nation pourquoi la République de Maurice n'a pas de mission diplomatique installée dans au moins un des pays arabes du Golfe persique, ni dans les pays d'Europe du Nord et encore moins au Japon ? Il sera rappelé au Gouvernement que ces pays représentent une manne financière considérable pour le secteur touristique de luxe ! Par ailleurs, la très faible représentation de Maurice à l'étranger ne correspond nullement à notre capacité de rayonnement international alors que notre Zone économique exclusive est bien immense car nous sommes parmi les vingt-cinq plus grands pays en superficie.
8.    HIV/AIDS Rate : Can the Prime Minister, through the Minister of Health give us an estimate on the number of people currently living with HIV and can the Prime Minister further reassure the people that appropriate measures are being taken to decrease the HIV/Aids rate on the island?
9.    Dette de la STCL : Le Premier ministre peut-il indiquer à la Nation le montant total de la dette de la State Trading Corporation à ce jour ?
10.    La nomination du Président de la République : Le poste de Chef de l'État en titre est vacant depuis plusieurs mois. Le Premier ministre peut-il indiquer à la Nation s'il compte laisser vacant ce poste éminemment institutionnel pour une durée illégitime en violation du bon fonctionnement des institutions ?
11.    Taux de criminalité : Le PM peut-il indiquer à la nation, le nombre de meurtres rapportés à la police de janvier à avril 2012 ? Quel est le taux de criminalité comparé à l'année dernière à pareille époque ? Quel est le nombre d'éléments recrutés et affectés au Central CID à ce jour? Le PM peut-il soumettre le dernier rapport de l'exercice d'évaluation des équipements mis à la disposition de notre institut médico-légal pour faciliter le travail des enquêteurs de Crime Scene Investigation ?
Nos questions précédentes ont souvent inspiré des députés, ô trop nombreux en manque d'inspiration politique. Nous leur offrons des pistes de réflexion pour qu'ils puissent mener à bien leur mission.

11 juin 2012

Le MMM et le Pouvoir

http://www.lemauricien.com/article/apres-les-%E2%80%9C60-0%E2%80%9D-1982-mmm-et-pouvoir


Voilà 30 ans , le 11 juin 1982, que le MMM s’est livré à une joute électorale. Malgré une immense victoire, ce parti n'a pu s'inscrire dans la durée. Paul Bérenger, son animateur charismatique, avait conclu une alliance manifestement déséquilibrée entre son parti et le PSM d'Harish Boodhoo et le rôle qui était le sien, numéro 3 du gouvernement, ne correspondait ni à l'intensité de son engagement politique ni à sa personnalité.
La rupture est vite arrivée. En neuf mois, Paul Bérenger a démissionné deux fois : la première fois, il s'est vite ravisé alors que la deuxième démission constituait un départ définitif de son parti du gouvernement.
La posture de Paul Bérenger peut aussi être analysée autrement. Le MMM, et Paul Bérenger en particulier, avaient peut-être été frappés par le vertige du pouvoir. Est-ce que Paul Bérenger s'en est remis depuis ? Rien n'est moins sûr. Car il n'a eu, depuis la cassure de 1983 que deux types de comportement politique : soit défaire le plus rapidement l'alliance électorale que son parti a conclue, soit adopter la pire, la plus mauvaise des stratégies politiques de manière à n'avoir qu'une défaite honorable...
Paul Bérenger a “choisi” de perdre les élections en 1983 et 1987 par son incapacité à offrir un développement économique stable et il a systématiquement brandi une réforme des institutions politiques (nouveau rôle au Chef de l'État, le Président en l'occurrence un peu à la française) comme pour effrayer l'électorat. Aussi n'a-t-il pas été en mesure de présenter une équipe Présidence-Gouvernement de nature à enclencher une dynamique électorale forte en sa faveur.  
En d'autres occasions, en 1991 et 1995, Paul Bérenger a conclu une alliance gagnante dans laquelle il s'est vite retrouvé mal à l'aise. Son objectif le plus immédiat a alors été de s'en défaire.
L'alliance, dite Medpoint I, de 2000 s'inscrit dans cette dernière catégorie sauf qu'il a dû attendre sa nomination comme Premier ministre en titre pour ensuite organiser des élections générales anticipées. Paul Bérenger avait encore de la marge, du temps, pratiquement 6 mois de plus comme Premier ministre en 2005 mais il s'est précipité pour dissoudre l'Assemblée Nationale pour bien entendu se faire battre.
Depuis 2003, le MMM n'a connu que des défaites, que ce soit aux élections partielles, aux élections générales ou encore municipales.
Le MMM est à court de stratégie ou ne serait pas en mesure d'en avoir. Le parti est à bout de souffle. Il a renié toutes ses valeurs en concluant une alliance dans laquelle il est minoritaire avec un minuscule parti éclaboussé par des affaires de crimes économiques allégués. Le Remake de Medpoint n'a pas enclenché une adhésion massive du peuple. Sur le plan de la personnalité, il démontre que Paul Bérenger n'a pas pu s'émanciper d'Aneerood Jugnauth !
Il est notoire que le MMM n'est qu'affaibli avec le Remake. Il s'agit de l'alliance électorale la plus déséquilibrée de l'histoire politique de Maurice. Le MMM est en minorité car il lui appartient de faire de la place aux éventuels dissidents ou au MMSD. Il est tout aussi évident que dans la configuration du Remake, et en cas de victoire, Aneerood Jugnauth, remettrait le pouvoir entre les mains de son fils et non à Paul Bérenger et le premier composerait une nouvelle majorité au sein du Parlement.  
Or, il est plus que jamais nécessaire pour le MMM de se refonder. Un certain nombre de changements sont nécessaires afin de donner à ce parti un nouveau dynamisme.
Les moyens utilisés pour faire de la propagande méritent d'être adaptés à la modernité. La direction du MMM maîtrise mal, ou très peu, les outils modernes de communication. En estimant, à tort ou à raison, que le Parti est boycotté par la Télévision nationale, le MMM se serait mieux inspiré en développant, au moins sur la toile, des moyens de diffusion de ses activités. La communication est laissée entre les mains des amateurs contre-productifs.  
Elle doit être revue de fond en comble. Le discours est bien rétrograde ou, autrement formulé, il est archaïque! Le langage n'est pas moderne. Le type de discours et le style restent marqués par ce qui se pratiquait dans les années 70-80. Or, depuis au moins la dernière décennie, il y a eu un bouleversement sans précédent des moyens de communication qui ont influé considérablement sur le mode d'expression. Le discours nouveau du MMM doit être exempt de démagogie et finement soigné. Les slogans doivent être nettement plus attractifs et lisibles pour les jeunes.
Le MMM a besoin d'une cure de crédibilité. Il doit marquer une rupture avec le cirque politique qui l'a tant animé depuis des décennies. Il doit émettre des propositions fortes et montrer qu'il est capable de se conduire en Opposition constructive. La direction doit être dynamisée et les responsabilités mieux réparties. Tous les organes du parti doivent pouvoir fonctionner à bon escient.  
Si le MMM se considère comme un grand parti d'opposition, alors il a l'obligation de conduire son électorat à la victoire, avec ses convictions et non au titre d'une arithmétique électorale.
L'expérience de 1982 démontre finalement que le MMM a plus dominé la scène politique que diriger le destin du pays.

17 avr. 2012

MAJORITÉ INCERTAINE: Des effets d’annonce sans lendemain

MAJORITÉ INCERTAINE: Des effets d’annonce sans lendemain

Le Premier ministre procède comme un boulanger car il ne ferait que rouler son peuple dans la farine… Il établit un autre programme gouvernemental alors qu’il est presque à la mi-mandat et qu’il a perdu une part importante de sa légitimité démocratique depuis la scission intervenue au sein du gouvernement.
Aucune raison liée à l’intérêt national ne justifie ce programme alors que le premier programme du Gouvernement n’a pas été suffisamment mis en œuvre et que le dernier discours du Budget – qui n’est rien d’autre qu’un discours-programme également dans la mesure où les démarches annoncées ne sont pas limitées à une année – n’a pas été exécuté ; exception faite des grandes mesures de taxation. L’on assiste à une avalanche d’effets d’annonce d’autant qu’un autre discours du Budget à l’allure programme gouvernemental sera prononcé dans quelques mois.
Le Parlement n’a pas siégé depuis voilà cinq mois ; de nombreux projets de loi sont en suspens. Tout porte à croire que les nouvelles mesures annoncées resteront des vœux pieux, comme le métro léger annoncé dans presque chaque Budget depuis plus de 15 ans. En tout état de cause, le Parlement ne siège pas pour des durées raisonnables pour adopter autant de mesures.
Par ailleurs, le Gouvernement ne fournit aucune donnée statistique quant à sa nouvelle politique, ce qui démontre qu’il ne s’agit que des effets d’annonce.
Sur le fond, le Premier ministre aurait dû présenter ses excuses à la Nation plutôt qu’un autre pseudo-programme. C’est quand même sous sa primature que le pays connaît une escalade de la violence, de l’insécurité, des accidents les plus graves de la circulation, la crise dans la distribution d’eau potable, une montée en flèche des faits de crimes économiques, un service de santé publique de mauvaise qualité etc... Les annonces faites ne pourront en rien remédier à l’ensemble de ces problèmes.
À titre indicatif, les mesures préconisées en vue d’une distribution d’eau 24h/24 ne sont nullement à la hauteur de la crise. Il en va de même pour l’ensemble des préoccupations de la Nation susmentionnées.
Le Gouvernement aurait dû identifier les problèmes majeurs auxquels font face des Mauriciens et apporter des solutions en toute urgence comme nous l’avons récemment fait dans la page Forum à propos de nos douze mesures essentielles.
Enfin, une large part du programme est consacrée à des réformes institutionnelles. Or, les réformes d’une telle nature doivent être entamées en tout début de mandat et non lorsque la majorité est incertaine…

Club des Militants


4 avr. 2012

PROPOSITIONS ALTERNATIVES: 12 séries de mesures urgentes


PROPOSITIONS ALTERNATIVES: 12 séries de mesures urgentes



L'Opposition réunie a réparti les postes institutionnels avant de s’accorder sur un programme commun. Le Gouvernement annonce un nouveau discours-programme alors qu'il a suspendu les travaux parlementaires depuis voilà 5 mois et que son dernier Budget, qui était déjà presque un programme gouvernemental, n'a pratiquement pas été mis en œuvre, à l’exception des nouvelles taxes. Il va sans dire que les mesures annoncées ne sont souvent que de la poudre aux yeux.
Or, un certain nombre de mesures urgentes sont à prendre afin que Maurice retrouve sa vocation naturelle, être un Paradis réel ou à tout le moins une République où il fait bon vivre.
Le Club des Militants en a recensé une douzaine de séries de mesures importantes. Ces mesures ne sont, bien entendu, pas exclusives, mais constituent le socle d'un renouveau et d'une nouvelle fondation pour la République. Ce sont dix séries de mesures prioritaires portant sur le thème de law and order, l'approvisionnement en eau, la fraude et corruption, la consolidation de la démocratie, l'éducation, la santé, l'environnement, la libéralisation des ondes, l'infrastructure publique, la culture et les loisirs.
Les mesures sont comme suit :
1) Protéger les Mauriciens contre l'insécurité. Création d'un véritable ministère de l'intérieur et développement d'une politique sécuritaire et pénale sur l'ensemble des territoires de la République. Renforcer les lois contre le trafic de drogue.
2) Engagement de distribution d'eau 24/24 à tous les Mauriciens, dont les habitants de ses îles rattachées, principalement Rodrigues et Agaléga. Création d'autres réservoirs et modernisation du réseau. Plan de recyclage et de stockage individuel de l'eau.
3) Lutte contre le gaspillage des fonds publics. Un organisme dirigé par un juge ou magistrat en exercice pour contrôler les dépenses de l'État, des organes publics et des collectivités. Le gaspillage à des fins manifestement personnels sera pénalisé. L'ICAC pourra être dirigée par un magistrat en exercice ou ancien juge et le directeur sera nommé par le Chef-Juge. Revaloriser nos institutions publiques et corps para-étatiques à travers des recrutements sur la base de la compétence ; et l’élimination des nominés politiques.
4) Affermissement de la démocratie. Fixation des sessions parlementaires. Le parlement ne doit plus siéger au bon vouloir du Premier ministre, à l’exception des sessions extraordinaires. Fixation du calendrier des élections municipales et villageoises sans possibilité de renvoi. Instauration de la parité politique.
5) Remise sur pied du programme de Zone d'Éducation Prioritaire pour ceux au bas de l'échelle et introduction d'un repas chaud offert par l'État dans ces zones-là. Construction d'une grande bibliothèque nationale pluridisciplinaire.
6) Réorganisation des services d'urgences (un service d'aide médicale urgente accessible à tous). Implantation de ce service sur l'ensemble de la République, au moins dans chaque district. Développement d'une médecine de qualité.
7) Plan de protection de l'environnement. Maurice et ses îles doivent rester des îles vertes. Encouragement et plan de reboisement des villes, des quartiers, création des espaces verts, les montagnes etc. Encourager la production des énergies renouvelables et lancement des projets éoliens.
8) Fin du monopole de la MBC. L'État encourage la mise sur pied des chaînes de télévision privées.
9) Modernisation du système des transports en commun. Bus en accordéon, écologique et confortable ; et horaire à fréquence régulière.
10) Lancement d'un vaste projet de construction de logements sociaux de qualité.
11) Développement de la culture et des loisirs. Réhabilitation d'urgence du Théâtre de Port-Louis et création d'autres lieux de cultures à travers les territoires de la République. Création d'une véritable grande bibliothèque nationale pluridisciplinaire pour permettre l'accès à une meilleure éducation tertiaire locale et à la recherche.
12) Redéploiement des missions diplomatiques dans le monde, et notamment dans le Golfe Persique, au Japon, en Europe du Nord pour mieux défendre l'agressivité économique et attirer les investisseurs et touristes.
Gouvernement et Opposition seraient bien inspirés de se référer à l'ensemble de ces propositions de bon sens dans le cadre de leur programme éventuel…

Shabana Raman-Caunhye, Parvèz Dookhy, Yannick Cornet, Med Doba

9 mars 2012

L’île Maurice moderne : rajeunissement de la classe politique

L’île Maurice moderne : rajeunissement de la classe politique

Citoyennes, Citoyens,

Maurice est à un tournant de son histoire politique 44 ans après son Indépendance : ses institutions demandent à évoluer dans la stabilité pour mieux appréhender le monde moderne. Il est évident que les institutions souffrent d’un déficit démocratique.

Les jeunes le ressentent fortement. Le pouvoir politique est aujourd’hui confisqué et se trouve entre les mains de quelques familles uniquement. La République est dynastique d’une part et les anciens s’y accrochent autant que possible d’autre part. Il n’est pas besoin de se référer à ce qui est communément appelé le « Remake » pour s’en convaincre. Le pouvoir n’est pas renouvelé comme il devait l’être en démocratie.

Comment alors faire de la place aux jeunes mauriciennes et mauriciens dans l’espace politique ?

Comme tous les grands pays, notre République doit pouvoir assurer la relève, donner à la jeunesse la possibilité de s’exprimer politiquement tout en permettant aux acteurs expérimentés de la politique de continuer à apporter leur contribution grâce à leur sagesse.

Dans les grands modèles démocratiques, la représentation politique a au moins une double dimension. Le Parlement est divisé en deux chambres : une chambre haute et une chambre basse, appelée souvent Assemblée Nationale.

La chambre haute, que certains appellent Sénat ou Conseil de la République, est habituellement composée de femmes et d’hommes ayant connu une haute expérience de l’État. Après un passage aux responsabilités, tout naturellement, ceux qui ont servi le pays se font élire à la chambre haute pour faire de la place aux plus jeunes dans l’autre chambre et qui pourraient apporter une contribution plus nouvelle à la gestion des affaires de la République. Le pouvoir est constamment renouvelé ainsi.

À Maurice, nous avons une représentation unique, un système dit monocaméral. Le bicaméralisme (deux chambres) permettrait faire de la place aux jeunes ou à tout le moins aux nouveaux.

Par ailleurs, le bicaméralisme permet un meilleur contrôle de l’action du gouvernement et un débat de plus haut niveau. Un projet de loi est débattu entre les deux chambres avant d’être promulgué. La Chambre Haute pourrait tempérer des changements hasardeux et donner un meilleur éclairage à l’orientation politique.

Avoir deux chambres parlementaires permettrait aussi une meilleure représentation démocratique. L’Assemblée Nationale pourrait ainsi être composée selon le mode actuel, le scrutin dit majoritaire (first past the post). La deuxième chambre pourrait être composée à la proportionnelle. Les différents courants de la vie politique seraient mieux représentés.

Bien entendu, la deuxième chambre devrait avoir des pouvoirs légèrement inférieurs à celui de l'Assemblée Nationale. En particulier, le gouvernement ne serait pas responsable devant elle et en cas de désaccord entre l’Assemblée Nationale et la deuxième chambre sur l’adoption d’un texte de loi, le Premier ministre pourrait demander à l’Assemblée d’adopter de manière définitive le texte.

Une telle réforme nous paraît judicieuse pour la nécessaire adaptation de nos institutions à la modernité.

Vive la République,

Shabana Raman-Caunhye Parvèz Dookhy


(publié in Le Mauricien du 9 mars 2012=

La requête en relèvement d’une interdiction du territoire français

L’interdiction du territoire français occupe, dans l’architecture répressive contemporaine, une place singulière. Peine complémentaire à for...